L'exécutif pourrait intervenir sur les prix du gaz

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L'exécutif pourrait intervenir sur les prix du gaz
L'exécutif pourrait intervenir sur les prix du gaz

PARIS (Reuters) - Le gouvernement pourrait intervenir sur les prix du gaz dans les prochains jours et refuser d'accéder aux demandes de GDF Suez qui milite pour une revalorisation des tarifs, a laissé entendre lundi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

Un tel arbitrage pourrait tendre les relations entre le nouvel exécutif et le groupe d'énergie, désireux de mieux répercuter ses coûts d'approvisionnement.

"La décision (au sujet d'un éventuel arbitrage public sur les prix du gaz, NDLR) sera rendue au niveau qui doit l'être dans les jours qui viennent", a-t-il déclaré sur France 2.

"Il faut comprendre qu'il y a aujourd'hui en France un déficit de pouvoir d'achat et je crois qu'il ne faut pas frapper trop les couches populaires et les couches moyennes", a ajouté le ministre, sans donner davantage de détails.

Selon le quotidien économique Les Echos, le gouvernement réfléchit "sérieusement" à publier un arrêté tarifaire qui annulerait la hausse d'environ 5% des prix du gaz demandée par GDF Suez, les parlementaires socialistes craignant qu'une hausse des tarifs n'entame la popularité de la majorité.

Une porte-parole de GDF Suez s'est refusé à tout commentaire. Vers 11h50, l'action GDF Suez perdait 1,52% à 18,47 euros à la Bourse de Paris.

L'opérateur historique, contrôlé à 36% par l'Etat, a envoyé le 20 juin à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) une demande de hausse des tarifs d'environ 5% en juillet établie sur la base d'une nouvelle formule tarifaire mise en place début 2012.

"Selon le rapporteur public (du Conseil d'Etat, NDLR), le gouvernement doit faire en sorte que les tarifs couvrent les coûts d'approvisionnement de GDF Suez mais une marge de manoeuvre existe. Autrement dit, si un gel s'avère exagéré, une hausse limitée pourrait passer", peut-on lire dans les Echos.

Le rapporteur public du Conseil d'Etat a préconisé en juin d'annuler un arrêté du 29 septembre 2011 qui gèle les tarifs réglementés de vente de gaz naturel fourni à partir des réseaux publics de distribution de GDF Suez.

Si le gouvernement, à l'instar du précédent, décidait de passer outre la validation de la hausse par la CRE et de geler une nouvelle fois les tarifs, il pourrait s'exposer à un nouveau recours de GDF Suez ou de ses concurrents devant le Conseil d'Etat.

Sur la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2011, GDF Suez a calculé que le gel des tarifs du gaz en France lui avait coûté près de 290 millions d'euros de manque à gagner.

L'actuelle formule de calcul des tarifs du gaz permet une plus grande prise en compte des prix de marché que la précédente - et doit donc actuellement permettre de modérer les hausses - mais les coûts du gaz importé en France restent majoritairement indexés sur le pétrole.

Les cours du Brent reculent de près de 11% depuis le début de l'année.

Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

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  • frinie1 le lundi 2 juil 2012 à 09:38

    l'état ne pourra bloquer tous le produits et va en faire les frais

  • baljo le lundi 2 juil 2012 à 09:18

    roules au gas.

  • leonprem le lundi 2 juil 2012 à 08:49

    on va subventionner alors le gaz ?!!! comme les autos et les agriculteurs et les pecheurs etc... ? sur les carburants, ça les gènent pas de taxer à donf pour se remplir les poches !