L'exécutif minimise le refus de Piketty, mais critique la forme

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L'EXÉCUTIF MINIMISE LE REFUS DE PIKETTY DE LA LÉGION D'HONNEUR
L'EXÉCUTIF MINIMISE LE REFUS DE PIKETTY DE LA LÉGION D'HONNEUR

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français s'est refusé à polémiquer vendredi avec l'économiste Thomas Piketty, après son refus de la Légion d'honneur pour laquelle il avait été proposé dans le cadre de la promotion du 1er janvier.

"C'est son choix. Il essaye de donner quelques conseils, ça fait partie du débat. Moi, j'en resterai à cela", a dit sur France Info le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

En annonçant qu'il refusait la Légion d'honneur, pour laquelle sa nomination au titre de chevalier avait été proposée par la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, Thomas Piketty a estimé qu'il ne revenait pas à un gouvernement "de décider qui est honorable".

"Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe", a ajouté l'économiste, qui, avocat d'une grande réforme fiscale en France, a critiqué ces derniers mois l'"improvisation" de la politique du gouvernement en la matière.

Stéphane Le Foll a insisté sur la différence entre un chercheur "qui a des idées intéressantes mais qui est chercheur, qui est dans son bureau, qui fait des calculs, qui a comme responsabilité une démarche intellectuelle et puis la politique qui est confrontée à la réalité".

Le secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, Thierry Mandon, a regretté le refus de Thomas Piketty tout en estimant que la grande réforme fiscale prônée par l'économiste était inapplicable.

"Cette réforme est tellement compliquée, elle est tellement globale et elle a de tels effets de redistribution entre les Français que, si on la faisait, il y aurait une protestation généralisée", a-t-il dit sur BFM TV.

Pour Thierry Mandon, "la Légion d'honneur distingue le mérite national, c'est-à-dire ceux ou celles qui ont contribué par leur action civile ou militaire au mérite national (...) C'est bien le rôle du gouvernement et de la République de décider ceux qui sont méritants".

La secrétaire d'Etat chargée du Numérique, Axelle Lemaire, a critiqué pour sa part sur la forme la décision de Thomas Piketty.

"La décision lui appartient. Après, c'est la manière de le faire. On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche AFP un 1er janvier", a-t-elle déclaré sur France Inter. "Peut-être qu'il confond le fait qu'une Légion d'honneur c'est une récompense pour un mérite qui est reconnu par la Nation et pas une adhésion à une politique économique d'un gouvernement".

(Yann Le Guernigou, édité par Eric Faye)

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  • gyere le samedi 3 jan 2015 à 10:26

    La meilleures explication du refus de cette médaille, nous fut donnée en son temps par M. Marcel Aymé : "Pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi désirables faveurs, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens..."

  • 300CH le samedi 3 jan 2015 à 10:02

    "Le socialisme est cette idée bizarre selon laquelle les hommes, incapables de se gouverner eux mêmes, seraient tout à coup capables de gouverner les autres en devenant hommes d’État."

  • b.renie le samedi 3 jan 2015 à 06:03

    De plus à l'origine, l'Empereur n'entendait-t-il pas récompenser les grognards qui avaient à subir physiquement les conséquences de leur courage. L'ordre de la légion d'Honneur est d'abord un ordre militaire. Il y a l'ordre du Mérite pour les autres.

  • b.renie le samedi 3 jan 2015 à 06:00

    Recevoir une baffe est toujours désagréable. Mais le ridicule est de ne pas comprendre la raison de ce retour de flamme. Tous les gens conscients et compétents sont d'accord pour dire que l'action du gouvernement en matière de réformes ne touche pas l'essentiel qui est la dépense publique et la modernisation du fonctionnement de l'Etat donc du pays : la territorialité et le bicamérisme. Les vrais chantiers sont là. On n'y touche pas car cela toucherait l'électorat socialiste

  • fbordach le vendredi 2 jan 2015 à 21:49

    La réflexion de Le Foll est intéressante. Il est vrai que quand on vit dans le déni lorsque l'on est dans l'opposition on s'aperçoit, au pied du mur que c'est beaucoup moins facile, surtout quand on n'a pas de vision, de culture économique et que le dogmatisme pense s'imposer au terrain et ses réalités...

  • d.e.s.t. le vendredi 2 jan 2015 à 20:34

    ECTOPLASME 1er s'est encore pris un râteau, mais il a l'habitude des claques, tout ce qu'il entreprend se plante!

  • kejocol le vendredi 2 jan 2015 à 20:12

    Le foll un autre incompétent du gouvernement, ca se saurait si la politique etait confrontée a la réalité, les politiques sont dans leur bulle et ne pensent qu'à leurs intérêts persos.

  • gyere le vendredi 2 jan 2015 à 19:17

    M531771vous ètes ignare au point de confondre Piketty avec le prix Nobel.... Je vous signale qu'avant lui, Coluche l'avait refusé à Mittou cette légion d'"honneur"!!

  • M1531771 le vendredi 2 jan 2015 à 18:51

    Piketti, c'est le genre de type issu d'une famille qui n'a jamais rien créé mais qui a toujours revendiquer...genre de famille qui pour ma part me donne la gerbe...!!! Si il est si facile de créer de la richesse et de devenir riche, pourquoi tous ces syndicalistes et autres ne l'ont pas fait...?!?

  • mlaure13 le vendredi 2 jan 2015 à 16:33

    L’évasion fiscale que produiraient les taux de prélèvement, Piketty dit que ce sont des fantasmes. Ce qui est démentie par les études (notamment des co-auteurs de Piketty) qui démontrent a contrario, que ce sont les prélèvements élevés qui incitent les talents à fuir leur pays, citée par l'avocat libéral Mathieu Laine, au quotidien Les Échos, condamnant l'hypertaxation des hauts revenus proposée par Piketty, et accueil méfiant à ce petit livre rouge