L'exécutif minimise le refus de Piketty, le critique sur la forme

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PARIS, 2 janvier (Reuters) - Le gouvernement français s'est refusé à polémiquer vendredi avec l'économiste Thomas Piketty, après son refus de la Légion d'honneur pour laquelle il avait été proposé dans le cadre de la promotion du 1er janvier. "C'est son choix. Il essaye de donner quelques conseils, ça fait partie du débat. Moi, j'en resterai à cela", a dit sur France Info le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. En annonçant qu'il refusait la Légion d'honneur, pour laquelle sa nomination au titre de chevalier avait été proposée par la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, Thomas Piketty a estimé qu'il ne revenait pas à un gouvernement "de décider qui est honorable". ID:nL6N0UG0G2 "Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe", a ajouté l'économiste, qui, avocat d'une grande réforme fiscale en France, a critiqué ces derniers mois l'"improvisation" de la politique du gouvernement en la matière. Stéphane Le Foll a insisté sur la différence entre un chercheur "qui a des idées intéressantes mais qui est chercheur, qui est dans son bureau, qui fait des calculs, qui a comme responsabilité une démarche intellectuelle et puis la politique qui est confrontée à la réalité". Le secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, Thierry Mandon, a regretté le refus de Thomas Piketty tout en estimant, sur BFM TV, que la grande réforme fiscale prônée par l'économiste était inapplicable. "Cette réforme est tellement compliquée, elle est tellement globale et elle a de tels effets de redistribution entre les Français que, si on la faisait, il y aurait une protestation généralisée", a-t-il dit. Pour Thierry Mandon, "la Légion d'honneur distingue le mérite national, c'est-à-dire ceux ou celles qui ont contribué par leur action civile ou militaire au mérite national (...) C'est bien le rôle du gouvernement et de la République de décider ceux qui sont méritants". La secrétaire d'Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire a critiqué pour sa part sur la forme la décision de Thomas Piketty. "La décision lui appartient. Après, c'est la manière de le faire. On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche AFP un 1er janvier", a-t-elle déclaré sur France Inter. "Peut-être qu'il confond le fait qu'une Légion d'honneur c'est une récompense pour un mérite qui est reconnu par la Nation et pas une adhésion à une politique économique d'un gouvernement". (Yann Le Guernigou, édité par Eric Faye)

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  • Berg690 le vendredi 2 jan 2015 à 11:03

    M4709037 Vous avez parfaitement raison "dévoyée" est le mot exact, comme les Nobels de la paix. Mais je comprend que certains bavent devant cette quincaillerie.

  • M8252219 le vendredi 2 jan 2015 à 10:35

    Le bateau coule et il ferme les yeux en lançant des incantations,incapable de faire les réformes connues et nécessaires, incapable de faire des économies::METTRE EN PLACE LA TVA SOCIALE,RÉDUIRE LE NOMBRE DES FONCTIONNAIRES(35000 DE PLUS EN 2013)ET DES PARLEMENTAIRES, PLAFONNER ET FISCALISER TOUS LEURS REVENUS ET AVANTAGES,SUPPRIMER LES RÉGIMES SPÉCIAUX,LA RETRAITE À 65 ANS POUR TOUS,39hs DE TRAVAIL PAR SEMAINE TOUS,3jrs de DÉLAI DE CARENCE EN ARRÊT MALADIE POUR TOUS.

  • M4709037 le vendredi 2 jan 2015 à 10:30

    tous derrière Piketty la légion dite d'honneur est une médaille dévoyée et de pure vanité.

  • Breizhll le vendredi 2 jan 2015 à 10:28

    Gouvernement d'incapables....