L'exécutif français prudent et vigilant après la victoire de Trump

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    * Hollande adresse des félicitations tièdes à Trump 
    * L'élection ouvre une "période d'incertitude" 
    * La France sera "vigilante" et "franche" 
    * C'est un défi pour l'Europe, estime Ayrault 
 
    par Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 9 novembre (Reuters) - L'exécutif français oscillait 
entre prudence et mise en garde mercredi face à la nouvelle 
période "d'incertitude" géopolitique ouverte par la victoire de 
Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, quatre mois 
après l'onde de choc du Brexit.  
    François Hollande, qui s'était dit convaincu ces dernières 
semaines d'une victoire de la candidate démocrate Hillary 
Clinton, a adressé des félicitations mesurées au candidat 
républicain qui succédera en janvier à Barack Obama à la Maison 
Blanche.  
     "Je le félicite comme il est naturel entre deux chefs 
d'Etat démocratiques pour sa victoire", a déclaré le chef de 
l'Etat lors d'une déclaration à l'Elysée. 
     "Cette élection américaine ouvre une période d'incertitude 
(...) et j'engagerai sans tarder une discussion avec la nouvelle 
administration américaine", a-t-il poursuivi.  
    "Mais je le ferai avec vigilance et franchise car certaines 
positions prises par Donald Trump durant la campagne américaine 
doivent être confrontées aux valeurs et aux intérêts que nous 
partageons avec les Etats-Unis", a-t-il dit.  
    Sur Twitter, le Premier ministre Manuel Valls a fait montre 
d'une même réserve.  
    "Le peuple américain a fait un choix souverain. Cette 
nouvelle donne mondiale, il faut la regarder en face en restant 
fidèles à nos valeurs", a-t-il dit.   
    L'arrivée de Donald Trump à la tête de la première puissance 
militaire mondiale survient dans un contexte géopolitique tendu, 
marqué entre autres par la lutte contre l'Etat islamique et le 
conflit en Syrie qui attise les tensions entre l'Occident et la 
Russie.  
    Promettant tout au long de la campagne de "rendre sa 
grandeur à l'Amérique", l'homme d'affaires a esquissé plusieurs 
pistes en matière de politique internationale sans pour autant 
dévoiler ses intentions quant aux relations qu'il entendait 
nouer avec la Russie et la Turquie notamment. 
    Dans son discours de victoire mercredi, il a fait savoir 
qu'il s'entendrait "avec tous les pays qui veulent s'entendre 
avec nous". 
     
    "SOUS LE CHOC" 
    A Paris, on est "sous le choc", confie un diplomate 
français. Pour autant, impossible de dire à l'heure actuelle 
dans quelle mesure les propositions émises par Donald Trump en 
matière de politique étrangère vont être mises en oeuvre, 
ajoute-t-il. 
    Au cours d'une campagne marquée par des déclarations au 
vitriol, l'homme d'affaires a notamment appelé à démanteler 
l'accord "catastrophique" sur le nucléaire avec l'Iran, à mettre 
"KO" l'Etat islamique (EI), ou encore à annuler l'accord de 
Paris sur le climat.  
    "Que va devenir l'accord de Paris sur le climat ? Que va 
devenir l'accord sur le nucléaire iranien que Donald Trump veut 
remettre en cause?", s'est interrogé Jean-Marc Ayrault sur 
France 2. "Ce sont des questions essentielles, que nous posons 
déjà", a ajouté le chef de la diplomatie, tout en appelant à 
"garder son sang-froid." 
    "Les Etats-Unis sont nos alliés (...) et nous continuerons à 
travailler avec les Etats-Unis, mais dans la clarté", a-t-il 
dit. "Peut-être que Donald Trump a fait des promesses qu'il ne 
tiendra pas." 
    Un avis partagé par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal 
qui a estimé que le nouveau président américain ne serait pas en 
mesure de dénoncer l'accord de Paris sur le climat. 
    "Il ne peut pas empêcher sa mise en oeuvre, rappelons que, à 
l'heure où je vous parle, 103 pays ont ratifié, représentant 70% 
des émissions", a-t-elle dit sur RTL.  
     
    DEFI POUR L'EUROPE     
    Partisan du Brexit, Donald Trump a déclaré à plusieurs 
reprises que c'était à l'Europe d'assurer et de financer sa 
propre défense.  
    Dans un entretien au New York Times en juillet, il s'était 
notamment interrogé sur l'engagement systématique de son pays 
dans la défense de ses alliés de l'Otan et avait prévenu qu'il 
dénoncerait des traités jugés "défavorables".  
    "C'est un défi pour l'Europe ce qui est train de se passer 
dans ce monde d'incertitudes", a souligné Jean-Marc Ayrault. "Il 
faut surtout que l'Europe ne flanche pas (...)  que l'Europe 
soit plus solidaire, soit plus active, soit plus offensive, ne 
serait-ce que pour se protéger." 
    "Plutôt que de baisser la tête, de se recroqueviller, il 
faut relever ce défi d'une Europe qui soit capable de mieux 
défendre ses citoyens, de mieux défendre ses intérêts", a-t-il 
ajouté. 
    Quatre mois après le Brexit, qui va se traduire par la 
sortie de l'UE de la Grande-Bretagne, puissance militaire dotée 
de l'armée nucléaire, "il y a suffisamment d'éléments pour 
considérer qu'il faut renforcer la Défense européenne", a estimé 
le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.   
 
 (avec John Irish et Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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