L'exécutif en quête d'un équilibre rigueur-croissance

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FRANÇOIS HOLLANDE EN QUÊTE D'UN ÉQUILIBRE ENTRE RIGUEUR ET CROISSANCE
FRANÇOIS HOLLANDE EN QUÊTE D'UN ÉQUILIBRE ENTRE RIGUEUR ET CROISSANCE

PARIS (Reuters) - François Hollande a déclaré samedi que la France se devait trouver un équilibre entre rigueur et croissance pour être mieux à même de tenir sa trajectoire de réduction des déficits publics.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse au salon de l'Agriculture, a en outre laissé entendre que de nouveaux prélèvements pourraient être décidés en 2014 alors qu'il s'était engagé sur une stabilité fiscale après les fortes hausses d'impôts de 2012 et 2013.

Interrogé sur la révision en baisse par la Commission européenne de ses prévisions de croissance et de déficits 2013 et 2014 pour la France, il s'est félicité que celle-ci ait salué les efforts budgétaires menés par son gouvernement.

Bruxelles ayant ouvert la voie à un report, à 2013, de l'objectif de déficits publics à 3% du PIB, François Hollande a confirmé une nouvelle fois la perspective de les ramener à zéro à l'horizon 2017.

"La trajectoire est bien celle d'arriver à un équilibre des finances publiques à la fin du quinquennat (...) Pour y parvenir, il n'est pas besoin d'ajouter de l'austérité en 2013 simplement tenir nos engagements", a-t-il dit.

"Mais nous avons à donner des gages de sérieux budgétaire en 2014 et notamment des économies qui devront être faites dans tous les budgets, de l'Etat, des collectivités locales de la sécurité sociale pour que nous puissions continuer à réduire nos déficits publics", a-t-il ajouté.

INVERSER LA COURBE DU CHÔMAGE

Et après les fortes hausses d'impôts de 2012 et 2013, "c'est d'abord par des économies et subsidiairement par des prélèvements supplémentaires que nous devrons atteindre nos objectifs" à partir de l'an prochain, a encore indiqué François Hollande.

Pour le président français, la réduction des déficits sera d'autant moins difficile si le gouvernement parvient à sauver de la croissance, alors que la Commission européenne ne prévoit qu'une hausse de 0,1% du PIB de la France cette année.

"Le sérieux budgétaire et la croissance vont de pair. L'erreur serait de ne pas être sérieux, nous serions immédiatement sanctionnés par nos partenaires européens, je ne parle pas des marchés, mais l'erreur serait aussi de ne pas vouloir faire de croissance (...) nous devons trouver cet équilibre".

Des éléments comme le pacte de compétitivité dévoilé fin 2012 ou l'accord sur la réforme du marché du travail conclu le mois dernier par les partenaires sociaux doivent contribuer à cette croissance.

Selon François Hollande, ils n'ont pas été intégrés dans les prévisions de la Commission européenne, "ce qui nous laisse penser que, au moins en 2014, nous pourrons faire mieux" que les 1,2% de croissance prévue par Bruxelles pour la France."

Malgré la croissance très faible attendue désormais cette année, le chef de l'Etat a confirmé son objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici à fin 2013 en "anticipant" la reprise prévue en 2014.

"Si nous arrivons à accélérer la reprise, à anticiper la reprise, cet objectif peut être atteint", a-t-il assuré en soulignant qu'il s'agissait aussi pour le gouvernement de savoir bien utiliser les outils mis en place, à commencer par le crédit d'impôt compétitivité-emploi, les contrats de génération et les emplois d'avenir.

Elizabeth Pineau, Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny

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