L'exécutif brocardé pour la confusion sur la manifestation

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L'EXÉCUTIF ATTAQUÉ POUR LA CONFUSION SUR LA MANIFESTATION ANTI-LOI TRAVAIL
L'EXÉCUTIF ATTAQUÉ POUR LA CONFUSION SUR LA MANIFESTATION ANTI-LOI TRAVAIL

PARIS (Reuters) - François Hollande et, surtout, Manuel Valls ont été vivement attaqués mercredi à gauche comme à droite pour la gestion confuse de la manifestation parisienne prévue jeudi par les opposants à la loi Travail, finalement autorisée.

Cette cacophonie vient à nouveau gripper le long débat sur cette loi controversée, dénoncée par une partie de la majorité et des syndicats mobilisés depuis trois mois dans la rue.

Après l'interdiction annoncée mercredi matin par la préfecture de police de la manifestation organisée à l'appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et la FIDL, une autorisation a été donnée quelques heures plus tard pour un autre parcours, plus court.

Une telle interdiction aurait constitué une première depuis 1962. Une manifestation interdite par le gouvernement, organisée à l'appel des partis de gauche et de la CGT contre la guerre d'Algérie s'était traduite par la mort de neuf personnes, dont huit militants de la CGT, près du métro Charonne.

L'autorisation de la manifestation est néanmoins perçue comme une bonne chose par les analystes, qui soulignent que l'image d'un gouvernement de gauche aurait été écornée par une interdiction compliquée à faire respecter, la gauche de la gauche et des cégétistes étant prêts à la braver.

Raymond Soubie, l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, estime qu'il s'agit d'une "position de sagesse", même si la valse-hésitation a "redonné un élan et une raison de mobiliser à des gens qui n'en avaient plus très envie".

"Tous les conflits dans les entreprises sont éteints, aujourd'hui, donc le conflit allait sur la fin. Là, c'est fournir un motif supplémentaire, indépendamment de la loi, aux contestataires", a-t-il dit à Reuters.

La gestion de ce dossier est source de difficultés pour l'exécutif depuis son origine, de la présentation d'une première version reçue comme une provocation par tous les syndicats, aux violences dans les manifestations, en passant par son adoption en force en première lecture à l'Assemblée grâce au 49-3.

CAZENEUVE ASSUME

Après plusieurs heures d'incertitude mercredi quant à savoir qui avait pris la décision d'interdire la manifestation, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assumé ce choix.

"J'ai demandé personnellement au préfet de police d'interdire la manifestation", a-t-il dit devant les journalistes.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait auparavant refusé de clarifier les conditions de prise de cette décision, expliquant seulement que les principes pour la tenue de manifestations étaient fixés "collectivement" mais que la décision spécifique relevait de la préfecture de police.

Une partie de la gauche a pris pour cible Manuel Valls, que ses détracteurs accusent d'autoritarisme.

Le député Christian Paul, l'un des chefs de file des "frondeurs" socialistes, avait dénoncé une "faute historique" après l'interdiction de la manifestation, ciblant la "lourde responsabilité" de Manuel Valls.

A la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon a lui aussi attaqué le chef du gouvernement : "la manif officiellement interdite est officiellement autorisée à tourner en rond de façon statique. Valls obtus et confus", a-t-il écrit sur Twitter.

"On est zens nous, j'aimerais bien qu'à Matignon ils le soient autant", a quant à lui déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

"TOUT À L'ENVERS"

Des sources au sein de l'exécutif et des partenaires sociaux font porter à Matignon la responsabilité des déboires que connaît le projet de loi depuis le départ.

Selon l'une de ces sources, la première version du texte, jugée inacceptable par les syndicats réformistes, s'explique ainsi notamment par un "concours de testostérone" entre Manuel Valls et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

"Macron l'a fait dysfonctionner", juge un député socialiste. "Il l'énerve tellement qu'il lui fait faire des bêtises".

Sur le fond, ce soutien de François Hollande dénonce une réforme du Code du Travail menée de travers depuis le début.

"Depuis six mois, Manuel Valls fait tout à l'envers. On peut faire plein de réformes : ça ne fait pas sens quand on ne donne pas de sens".

A droite, les critiques ont plu. "Il n'y a plus de gouvernement aujourd'hui, il y a une roue de la fortune, on ne sait pas quand ça va s'arrêter", a déclaré l'ancienne ministre Nathalie-Kosciusko Morizet.

L'ancien Premier ministre François Fillon, également candidat à la primaire de droite pour l'élection présidentielle, décrit lui aussi un gouvernement aux abois.

"Manifestation interdite à 10h et autorisée à 13h = résumé d'un quinquennat calamiteux", a-t-il écrit sur Twitter.

(Jean-Baptiste Vey, avec Sophie Louet, Elizabeth Pineau, Emmanuel Jarry, Simon Carraud, Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • xk8r le mercredi 22 juin 2016 à 18:56

    valls a encore baissé son froc

  • phili646 le mercredi 22 juin 2016 à 18:48

    INDECIS 1er a encore fait avaler un anaconda au caudillo de pacotille !!!!

  • frk987 le mercredi 22 juin 2016 à 18:45

    On peut aussi voir beaucoup d'humour à les faire tourner en rond, accepter cela, c'est à se demander qui est le plus fou !!!!!!