L'ex-président péruvien Ollanta Humala placé en détention

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    par Mitra Taj et Teresa Cespedes 
    LIMA, 14 juillet (Reuters) - L'ancien président péruvien 
Ollanta Humala et sa femme se sont présentés aux autorités, 
jeudi soir, un juge ayant ordonné leur placement en détention 
pour une durée qui peut aller jusqu'à un an et demi, en 
l'attente de leur procès pour blanchiment d'argent présumé. 
    C'est la deuxième fois que le juge Richard Concepcion 
réclame le placement en détention d'un ex-président, depuis qu'a 
éclaté un vaste scandale de corruption au Brésil, qui éclabousse 
plusieurs autres pays latino-américains dont le Pérou. 
    L'ex-chef de l'Etat Alejandro Toledo, qui serait aux 
Etats-Unis, a refusé de se présenter aux autorités, cette année, 
alors même que Concepcion avait ordonné son incarcération en 
préventive pour corruption. 
    Toledo et Humala se sont hissés au pouvoir avec le soutien 
de tous ceux qui croyaient alors qu'ils allaient lutter contre 
la corruption et en finir avec l'autoritarisme de l'ère du 
président Alberto Fujimori. 
    Le procureur German Juarez a invoqué des témoignages 
d'anciens cadres dirigeants du groupe brésilien du BTP Odebrecht 
- au coeur d'une vaste affaire de corruption - pour accuser 
Humala et sa femme, Nadine Heredia, d'avoir accepté trois 
millions de dollars de pots-de-vin. 
    Le procureur accuse également le couple d'avoir accepté des 
sommes en liquide de l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez. 
     
    HUMALA CRIE A L'INJUSTICE 
    "Voici un président qui a accédé à la fonction suprême et 
nous a dirigés à l'issue d'une campagne électorale financée par 
des fonds illicites. C'est grave, parce que cela cause un tort 
moral à la société", a déclaré German Juarez. 
    Ollanta Humala, ancien officier de l'armée qui a été à la 
tête du Pérou de 2011 à 2016, s'est présenté à la police en 
compagnie de son épouse, cofondatrice de son parti nationaliste, 
juste après l'arrêt du procureur. Tous deux démentent avoir 
commis des malversations et estiment que leur incarcération 
avant procès est injuste. 
    "Cela confirme qu'il y a abus de pouvoir, ce que nous 
combattrons en défendant nos droits et les droits de tous", a 
dit Humala sur Twitter, alors que la télévision diffusait des 
images du couple arrivant dans un bâtiment pénitentiaire, 
escorté par des policiers. 
    Humala avait remporté la présidentielle de 2011 en se 
présentant comme un homme de gauche modéré, comme au Brésil Luiz 
Inacio Lula da Silva, après une première tentative infructueuse 
en 2006, où il faisait alors figure d'allié du socialiste 
Chavez. 
    Humala a achevé son mandat avec une cote de popularité en 
berne, l'an dernier, bien qu'il ait soutenu les investissements 
privés et lancé des programmes sociaux pour les classes 
défavorisées. 
    Lui a succédé Pedro Pablo Kuczynski, lequel a dit qu'il 
pourrait gracier Alberto Fujimori, en prison où il purge une 
peine de 25 ans pour violations des droits de l'homme et 
corruption. Kuczynski chercherait de cette façon à se concilier 
au Congrès les partisans de Fujimori. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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