L'ex-Premier ministre portugais Socrates inculpé pour corruption

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LISBONNE, 25 novembre (Reuters) - L'ancien Premier ministre socialiste portugais José Socrates a été inculpé lundi soir pour corruption et fraude fiscale et maintenu en détention préventive après trois jours de garde à vue. L'avocat de l'ex-chef du gouvernement, Joao Araujo, a qualifié la décision d'"injuste et injustifiée" et annoncé son intention de faire appel. C'est la première fois qu'un ancien chef du gouvernement portugais est ainsi placé en détention depuis la fin de la dictature salazariste en 1974. José Socrates, qui a 57 ans, a été arrêté vendredi soir à l'aéroport de Lisbonne, en provenance de Paris où il réside depuis sa démission en 2011. Premier ministre de 2005 à 2011, Socrates a quitté son poste au milieu de son second mandat, après avoir été contraint de demander un plan de sauvetage international pour permettre à l'économie portugaise de surmonter la crise de la dette en contrepartie de dures mesures d'austérité. Trois proches de l'ex-Premier ministre ont également été arrêtés, dont le chauffeur de Socrates, soupçonné d'avoir transporté en voiture de grosses sommes d'argent liquide du Portugal jusqu'à Paris. Pour certains observateurs, cette inculpation pourrait réduire les chances des socialistes d'obtenir la majorité absolue au parlement lors des législatives de l'an prochain, et pourrait même leur coûter la victoire. Revigorés par l'élection d'un nouveau chef en septembre dernier, le maire de Lisbonne Antonio Costa, un ancien ministre de José Socrates, les socialistes ont accru leur avance dans les sondages aux dépens de la coalition de centre droit au pouvoir. Le gouvernement lui-même n'a pas été épargné par l'offensive des magistrats contre la corruption. L'arrestation en début de mois du directeur des services de l'immigration, soupçonné de corruption dans l'émission de "visas dorés" à destination des riches étrangers, a provoqué la démission du ministre de l'Intérieur Miguel Macedo. Lancés en octobre 2012 en pleine crise de la dette, les "visas dorés" sont proposés à des étrangers, notamment chinois, prêts à investir au moins 500.000 euros dans l'immobilier, par exemple. Ils ont rapporté plus d'un milliard d'euros. ID:nL6N0T6195 (Andrei Khalip; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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