L'ex-PM thaïlandaise risque d'être bannie de la vie politique

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BANGKOK, 9 janvier (Reuters) - L'ancienne Premier ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a été entendue vendredi devant l'Assemblée nationale législative qui l'accuse de manquement à ses devoirs et pourrait l'interdire d'activité politique pendant cinq ans. Yingluck a été destituée en mai dernier pour abus de pouvoir et son gouvernement renversé quelques jours plus tard par l'armée, qui a imposé la loi martiale après des mois de manifestations rivales entre ses partisans et adversaires. Elle est cette fois mise en cause pour un programme de subventions à la riziculture qui aurait causé d'énormes pertes à l'économie du pays. "Regardez les bénéfices de ce programme, pas seulement son coût financier", a-t-elle dit devant l'ALN, dont les membres sont désignés par les militaires. Yingluck a dénoncé l'inutilité de cette procédure de mise en accusation, en soulignant qu'elle n'avait plus de fonction officielle, qu'elle ne pouvait donc plus être destituée. L'ex-chef du gouvernement pourrait toutefois être interdite de toute activité politique pendant cinq ans si elle est reconnue coupable. L'ANL a déclaré qu'une décision pourrait être annoncée à la fin du mois. La prochaine audience aura lieu le 16 janvier. Cette procédure est un nouvel épisode de la lutte de pouvoir qui oppose depuis dix ans en Thaïlande le clan Shinawatra, dont l'ancien Premier ministre Thaksin qui vit en exil, et l'élite royaliste et militaire qui considère comme une menace ce milliardaire populaire auprès des classes modestes et paysannes. (Amy Sawitta Lefevre; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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