L'ex-otage Serge Lazarevic de retour en France mercredi

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* Trois ans de captivité au Sahel * Le Mali et le Niger ont oeuvré à sa libération * Un échange de prisonniers? (Actualisé avec Serge Lazarevic à Niamey) PARIS-NIAMEY, 9 décembre (Reuters) - Serge Lazarevic, dernier Français retenu en otage dans le monde, a été libéré après trois ans de captivité entre les mains d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) grâce, selon des sources maliennes, à un échange de prisonniers. L'ancien captif, âgé de 50 ans, est attendu mercredi matin en France où il sera accueilli par François Hollande. Il a été reçu mardi soir par le président nigérien Mahamadou Issoufou au palais présidentiel de Niamey. "Je veux remercier le peuple du Niger qui a collaboré avec la France pour me faire libérer", a déclaré Serge Lazarevic à l'issue d'une entrevue avec le président nigérien. Il est apparu en bonne santé. "J'ai perdu une vingtaine de kilos, mais ça va", a-t-il dit à des journalistes dans une brève déclaration retransmise par la télévision nigérienne. Mahamadou Issoufou a souligné que son pays avait joué "une rôle central" dans la libération du Français et a remercié le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, pour sa "contribution". François Hollande avait annoncé la libération de Serge Lazarevic à la mi-journée à Paris, précisant en avoir été informé par son homologue nigérien. "La France ne compte plus d'otage dans aucun pays du monde et elle ne doit plus en avoir, ce qui suppose une grande vigilance, ce qui suppose également une grande protection de nos intérêts et je fais appel à toutes les entreprises, à toutes les administrations pour qu'il en soit ainsi et éviter ces drames", a-t-il dit. Selon des sources maliennes, la libération de l'otage français a fait l'objet d'un échange de prisonniers, information sur laquelle l'Elysée n'a fait aucun commentaire. D'après ces sources, dont une judiciaire, Mohamed Ag Wassoudene, soupçonné d'être l'un des initiateurs de l'enlèvement de Serge Lazarevic, et son complice présumé Haiba Ag Acherif, font partie de l'échange. Mohamed Ag Wassoudene s'était échappé il y a quelques mois d'une prison de Bamako avant d'être capturé à nouveau. DES CONTREPARTIES? "Je vous remercie de comprendre qu'il y a eu des discussions pendant de longs mois et ce sont les autorités du Niger, avec celles du Mali, qui nous ont permis d'obtenir cette libération", a souligné François Hollande. Lors d'une conférence de presse en septembre dernier, le chef de l'Etat avait affirmé : "La France ne paye pas de rançons, la France ne pratique pas non plus d'échanges de prisonniers". "Cela ne veut pas dire que des pays ne le fassent pas. C'est arrivé que des pays, pour nous aider, le fassent, je le concède", avait-il cependant précisé. Serge Lazarevic, qui était détenu au Mali, sera accueilli mercredi à 07h30 (06h30 GMT) par François Hollande sur la base aérienne de Villacoublay (Yvelines), a fait savoir la présidence française. Sa fille l'a rejoint dès mardi à Niamey. Il est en relativement bonne santé en dépit des conditions éprouvantes de sa longue captivité, a précisé l'Elysée. Serge Lazarevic, qui possède la double nationalité française et serbe, était apparu en novembre dans une vidéo mise en ligne sur un site internet lié à Aqmi où il appelait François Hollande à "tout faire pour sa libération". ID:nL6N0T75CE Il avait été enlevé au Mali le 24 novembre 2011 avec un autre Français, Philippe Verdon. Leur enlèvement avait été revendiqué par Aqmi, qui a annoncé en mars 2013 que Philippe Verdon avait été exécuté en représailles à l'intervention française au Mali. "Un long calvaire s'achève, une vie reprend. Immense soulagement pour Serge Lazarevic", a déclaré le Premier ministre, Manuel Valls, sur son compte Twitter. Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a salué "l'action remarquable de tous ceux qui ont contribué à la libération" de Serge Lazarevic et a appelé à "ne pas baisser la garde". Alain Marsaud, député UMP des Français de l'étranger, a estimé sur BFM TV que Paris avait "forcément payé une rançon", contrairement aux déclarations officielles, et obtenu la libération de détenus dans les prisons maliennes ou nigériennes. (Elizabeth Pineau, avec Bate Felix Tabi Tabe à Dakar, édité par Sophie Louet)

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