L'ex-otage Georges Vandenbeusch de retour en France

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LE PRÊTRE GEORGES VANDENBEUSCH DE RETOUR EN FRANCE
LE PRÊTRE GEORGES VANDENBEUSCH DE RETOUR EN FRANCE

PARIS (Reuters) - L'ex-otage français Georges Vandenbeusch, libéré après un mois et demi de captivité dans la brousse au Nigeria, a regagné mercredi la France où il a été accueilli par François Hollande qui a salué son "courage" et son "abnégation".

Le prêtre, qui avait été enlevé le 13 novembre dernier dans sa paroisse de Nguetchewe, dans le nord du Cameroun, a dit ne pas "penser" qu'une rançon ait été versée en contrepartie de sa libération.

A l'instar des autorités françaises, il a remercié le président camerounais Paul Biya pour son rôle décisif dans des tractations qui duraient depuis plus d'un mois.

Laurent Fabius, qui a pris en charge le religieux à Yaoundé mardi, a assuré que les discussions n'avaient pas été d'ordre financier.

Le Falcon transportant le chef de la diplomatie française et le père Vandenbeusch s'est posé mercredi à 06h40 sur la base aérienne de Villacoublay, près de Paris.é

Le prêtre a été accueilli à sa descente de l'appareil par François Hollande, qui avait annoncé sa libération mardi matin.

Lors d'une brève déclaration sur le tarmac, le président a salué "le courage, la lucidité et l'abnégation du père Georges qui a tenu à être fidèle à ses convictions, à sa religion, et capable d'endurer une détention".

"Je veux également souligner combien il a toujours été ouvert pour écouter, comprendre, et tout faire pour favoriser sa propre libération", a-t-il ajouté, demandant aux familles et proches des six autres Français encore retenus en otages au Mali et en Syrie de faire preuve de compréhension et de patience.

"SOUS UN ARBRE, SANS RIEN FAIRE"

La France a pour position officielle de ne pas verser de rançon aux ravisseurs présumés de ses ressortissants dans le monde.

"En ce qui concerne les otages, il faut de la détermination et de la discrétion", a souligné le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur RTL.

François Hollande a appelé à la prudence dans les zones à risque. "Cela vaut pour les prêtres ou pour tous ceux qui ont une mission à accomplir, et cela vaut aussi pour des ressortissants qui peuvent un moment se déplacer".

Le père Vandenbeusch, qui est apparu détendu et souriant, a dit "mesurer" ce qu'endurent ou ont enduré les otages "qui le sont restés très longtemps" et ceux qui le sont encore.

Après un bilan médical satisfaisant à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, le prêtre s'est rendu à l'Evêché de Nanterre (Hauts-de-Seine), son diocèse.

Il s'est brièvement exprimé sur les conditions de sa captivité devant la presse, soulignant que ses ravisseurs n'avaient jamais été agressifs à son égard.

"J'étais dans la brousse, sous un arbre, sans rien faire. (...) On s'emmerde terriblement", a-t-il raconté.

Ses ravisseurs, a-t-il poursuivi, "s'excusaient, ils essayaient de voir ce qu'ils pouvaient faire, mais ils étaient souvent à côté de la plaque car ils ne comprenaient pas l'anglais et on n'a pas la même culture sur plein de choses".

Le prêtre a appris sa libération "une demi-heure avant de partir" de son lieu de détention.

"Je vais reprendre pied, célébrer la messe un peu, lire la Bible parce que je n'ai rien lu du tout pendant un mois et demi", a-t-il confié.

Parti au Cameroun en 2011, le père Vandenbeusch avait auparavant officié neuf ans dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Sophie Louet

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