L'ex-dictateur Marcos enterré aux Philippines avec les honneurs

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 (Actualisé avec réaction de la famille, vice-président, armée) 
    MANILLE, 18 novembre (Reuters) - L'ancien dictateur 
philippin Ferdinand Marcos a été enterré vendredi avec les 
honneurs miliaires au cimetière des héros à Manille, près de 30 
ans après sa fuite à Hawaï. 
    La famille Marcos avait gardé secrète la date de 
l'inhumation controversée, dont le vice-président Leni Robredo a 
jugé qu'elle s'était déroulée comme "un cambriolage au milieu de 
la nuit". 
    "Rien de neuf avec les Marcos, eux qui avait une fortune 
cachée, des violations des droits de l'homme cachées et 
maintenant un enterrement caché, au mépris le plus total de 
l'état de droit", dit Leni Robredo dans un communiqué. 
    Le président Rodrigo Duterte, actuellement à Lima, au Pérou, 
où il assiste à un sommet économique, avait ordonné en août 
l'inhumation de Ferdinand Marcos au cimetière des héros, comme 
il s'y était engagé pendant la campagne électorale.  
    La fille aînée de l'ancien dictateur, Imee Marcos, 
gouverneure de la province d'Ilocos Norte où le corps de son 
père était jusqu'alors exposé dans un mausolée, a remercié le 
chef de l'Etat d'avoir permis à l'ancien soldat et chef de la 
guérilla contre les forces d'occupation japonaises pendant la 
Seconde Guerre mondiale de reposer auprès des siens. 
    "Le dernier souhait de mon père de pouvoir reposer auprès 
des soldats comme lui a enfin été exaucé", a-t-elle déclaré en 
demandant aux Philippins de comprendre que la famille ait choisi 
d'organiser une cérémonie "simple, privée et solennelle". 
    Des organisations de défense des droits de l'Homme avaient 
déposé un recours contre l'inhumation de Ferdinand Marcos au 
cimetière des héros, au sud de Manille, mais la Cour suprême l'a 
rejeté la semaine dernière.     
    Ferdinand Marcos a dirigé les Philippines pendant 20 années 
durant lesquelles lui, sa famille et son entourage ont amassé 
illégalement une fortune de 10 milliards de dollars au détriment 
des Philippins, selon les récentes conclusions d'une commission 
d'enquête. 
    Plusieurs dizaines de milliers de personnes, adversaires 
politiques ou communistes présumés, ont été tuées sous l'ère 
Marcos, qui s'est achevée par une révolte populaire en 1986. 
Ferdinand Marcos est mort trois ans plus tard en exil à Hawaï. 
    Le porte-parole de l'armée philippine, le général Restituto 
Padilla, a déclaré que l'armée n'avait fait qu'obéir aux ordres 
en inhumant l'ancien dictateur au cimetière des héros. "Nous ne 
prenons partie pour personne", a-t-il dit.     
 
 (Manuel Mogato, avec Karen Lema; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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  • M4189758 il y a 2 semaines

    JPi - Ils en enterrent un aux Philippines et ils en créent un en Turquie. La vie suit son cours.