L'ex-chef de la sécurité d'Ikea accuse sa direction

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L'EX-CHEF DE LA SÉCURITÉ ACCUSE LA DIRECTION D'IKEA
L'EX-CHEF DE LA SÉCURITÉ ACCUSE LA DIRECTION D'IKEA

PARIS (Reuters) - L'ancien responsable de la sécurité d'Ikea en France assure que l'espionnage d'employés par des officines payées par l'entreprise lui était demandé par la direction.

Jean-François Paris fait partie des cadres licenciés au printemps à la suite de révélations de la presse et de l'ouverture d'une enquête pénale sur ces faits.

Il affirme dans des déclarations publiées lundi par Le Monde que tout a commencé par de simples vérifications - déjà illégales - via des cabinets privés sur le profil judiciaire d'employés afin d'éviter le recrutement de personnes condamnées.

Jean-François Paris assure que la direction a dérapé au milieu des années 2000 vers un autre objectif, fouiller dans le passé des employés afin d'écarter les personnes susceptibles d'avoir une activité syndicale ou un comportement revendicatif.

Il met en cause Jean-Louis Baillot, patron d'Ikea France à ce moment. "Il me demande de faire en sorte que ces gens-là ne soient plus recrutés. Je lui explique que ça ne sert à rien, mais il maintient sa volonté, il faut faire un filtrage, me dit-il", déclare Jean-François Paris.

Selon lui, cette politique était "visée par la direction financière et connue de la direction générale". Elle aurait aussi consisté à placer des "espions" dans certains magasins afin de suivre les supposés agitateurs et réaliser des enquêtes dites de "réputation".

"Je n'ai pas mesuré les conséquences pénales de mes actes. Si j'avais su, jamais je n'aurais pris le risque de m'exposer ou d'exposer ma famille", dit Jean-François Paris, qui a été placé en garde à vue à la police au début de la procédure.

Le groupe d'origine suédoise spécialisé dans le mobilier et les objets de décoration en kit a admis en avril des pratiques "contraires à son éthique" et promis d'y mettre fin.

Saisie à l'origine par le syndicat Force ouvrière, la police a perquisitionné début mars au siège français du groupe à Plaisir (Yvelines) et interrogé plusieurs personnes, ce qui semble avoir confirmé l'existence d'un système de surveillance et d'enquêtes privées illégales.

Des médias ont publié des échanges de courriers électroniques entre des cadres d'Ikea et des enquêteurs privés semblant montrer que l'espionnage privé d'employés et de clients était routinier depuis des années.

Il est question notamment de l'accès au fichier de police Stic, qui recense toutes les personnes impliquées dans des interventions de police, même sans suites.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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  • s.didie3 le lundi 29 oct 2012 à 12:19

    Il faut boycotter Ikéa tout simplement et qu'il y ai une vraie enquête judiciaire.