L'ex-bras droit de Bo Xilai condamné à 15 ans de prison en Chine

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QUINZE ANS DE PRISON POUR L'EX-BRAS DROIT DE BO XILAI EN CHINE
QUINZE ANS DE PRISON POUR L'EX-BRAS DROIT DE BO XILAI EN CHINE

PEKIN (Reuters) - Le Parti communiste chinois (PCC) a fait un pas en avant dans le règlement du sort de son ex-étoile montante Bo Xilai avec la condamnation à 15 ans de prison de l'ancien chef de la police de Bo pour tentative de dissimulation de meurtre.

Cet ex-chef de la police de la ville de Chongqing, Wang Lijun, a été condamné par un tribunal de Chengdu qui l'a reconnu coupable de quatre chefs et notamment pour avoir cherché à dissimuler le meurtre en novembre 2011 de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood par la femme de Bo Xilai.

La femme de Bo Xilai, Gu Kailai, a déjà été condamnée pour cette affaire, en août, à la peine capitale avec sursis, ce qui revient à la détention à perpétuité.

Wang Lijun la rejoignant derrière les barreaux, la hiérarchie du PCC doit maintenant décider que faire de Bo, homme politique aux méthodes controversées mais qui était promis à un brillant avenir, alors que le pays se prépare à un changement de direction lors du XVIIIe Congrès du PCC le mois prochain.

Wang occupait le poste de chef de la police de Chongqing, mégalopole du sud-ouest de la Chine, lorsque Bo Xilai en était le chef du Parti communiste.

"Wang Lijun a présenté les indications d'importantes infractions au droit et de crimes commis par d'autres", lit-on dans le verdict du tribunal, cité par l'agence de presse Chine nouvelle. L'agence ne dit pas quelles sont ces autres personnes.

"Il a effectué une contribution majeure, et, selon le droit, il peut être l'objet d'une peine plus légère", déclare encore la justice chinoise. Wang Lijun était passible de la prison à perpétuité, voire de la peine capitale.

Cette peine relativement clémente donne du poids à ceux qui pensent que le PCC va décider d'emprisonner Bo Xilai également, estime He Weifang, professeur de droit à l'université de Pékin, qui a suivi l'affaire de près.

"Le filet (...) autour de Bo Xilai se resserre lentement", commente le professeur He. "Il va sans doute avoir un procès pénal."

D'autres observateurs estiment au contraire que le Parti épargnera un procès à Bo et le sanctionnera en interne.

PAS D'APPEL

Avant qu'une enquête pénale puisse être lancée, la direction du PCC devra d'abord prendre connaissance des résultats d'une enquête interne et décider de remettre le dossier à la justice. Cela pourrait se passer lors d'une réunion prévue avant celle du Congrès du PCC.

Wang Lijun, qui avait aidé Bo à faire de Chongqing son fief politique, avait avoué la semaine passée les charges retenues contre lui au deuxième jour de son procès, rapporte Chine nouvelle. Seule la presse officielle a eu accès au procès.

L'ancien chef de la police de Chongqing ne fera pas appel, a annoncé son avocat Wang Yuncai. Une fois qu'il aura purgé la moitié de sa peine, celle-ci pourra être réduite, a précisé l'avocat.

Le scandale qui a emporté Bo Xilai et Wang Lijun a éclaté après le meurtre de Neil Heywood par Gu Kailai dans un hôtel de Chongqing, municipalité géante que Bo Xilai et Wang Lijun géraient comme leur fief.

Wang Lijun avait d'abord tenté d'écarter les soupçons qui pesaient contre Gu Kailai qui avait empoisonné Heywood, puis il avait conservé en secret les preuves du meurtre.

Fin janvier, Wang avait été éconduit par Bo lorsqu'il lui avait présenté la situation. Bo avait même giflé son super-policier et l'avait ensuite déchu de son poste de chef de la police.

"C'est une gifle qui a changé l'histoire", commente Li Zhuang, un avocat de Pékin qui s'est opposé aux deux hommes pour avoir organisé la répression de leurs adversaires sous le prétexte de lutter contre le crime organisé. "Autrement, Bo pourrait encore être au pouvoir et espérer monter plus haut."

Craignant pour sa sécurité, Wang s'était réfugié pendant 24 heures au consulat des Etats-Unis à Chengdu, point de départ des révélations publiques sur l'affaire.

En mars, Bo Xilai était démis de ses fonctions de chef du Parti communiste de Chongqing, brisant sa carrière politique qui semblait promise à un bel avenir. En avril, Bo était démis du Politburo.

Il n'est pour l'instant accusé que d'avoir enfreint la discipline interne du parti. Ses partisans accusent ses ennemis d'exploiter les charges contre son épouse Gu Kailai pour le renverser. Il n'a pas pour l'instant eu l'occasion de se défendre publiquement depuis sa chute en mars.

Avec Sally Huang et Terril Yue Jones; Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français

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