L'Europe s'intéresse à la cybersurveillance israélienne

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    TEL AVIV, 19 juillet (Reuters) - Les dirigeants européens 
s'intéressent aux technologies israéliennes susceptibles de les 
aider à repérer les "loups solitaires" sur les réseaux sociaux 
avant qu'ils ne commettent un attentat, a déclaré mardi Gilles 
de Kerchove, le coordinateur de l'Union européenne pour la lutte 
contre le terrorisme. 
    La tuerie de Nice le soir du 14 juillet et l'attaque d'un 
train en Bavière lundi soir ont fait naître en Europe la crainte 
que des djihadistes, rapidement radicalisés, échappent aux 
services secrets.   
    "Comment peut-on capter un signalement de quelqu'un qui n'a 
aucun contact avec une organisation, s'en est simplement inspiré 
et commence à exprimer un certain type d'allégeance? Je ne sais 
pas. C'est un défi", a déclaré mardi à Reuters Gilles de 
Kerchove lors d'une conférence sur les services secrets à Tel 
Aviv. 
    Il a ajouté que les entreprises du net ne peuvent contrôler 
tout le contenu à caractère djihadiste, trop important, 
contrairement à la pornographie pédophile, décelée 
automatiquement par leurs serveurs.  
    Gilles de Kerchove a dit toutefois espérer trouver des 
solutions pour une meilleure surveillance automatisée des 
réseaux sociaux et compte s'inspirer d'Israël, "qui a développé 
un grand potentiel dans la cybersurveillance".  
     
    SIGNALEMENT EN AMONT 
    Après s'être intéressés aux métadonnées, les services de 
sécurité israéliens surveillent désormais les réseaux sociaux 
afin de détecter une attaque en amont via les messages privés. 
    Les autorités israéliennes n'ont pas dévoilé jusqu'où leur 
technologie pouvait aller mais des experts affirment que leurs 
méthodes permettent de signaler dans un premier lieu de 
potentielles attaques avant de recourir à une enquête plus 
approfondie. 
    Haim Tomer, un ancien agent des services secrets du Mossad, 
avance que le système de surveillance israélien peut même 
détecter les "loups solitaires" à partir d'un message d'adieu 
sur Facebook. 
    "Mais dans de tels cas, il y aurait une 'alerte verte' de 
bas niveau, ce qui signifie que la personne doit être inspectée 
de plus près, tandis qu'une 'alerte rouge' garantit une action 
instantanée", explique Haim Tomer. 
    Contrairement aux lois israéliennes qui donnent une large 
marge de manoeuvre aux services secrets, Gilles de Kerchove 
aurait plus de difficultés à faire accepter des méthodes de 
cybersurveillance aussi intrusives en Europe. 
 
 (Dan Williams, Laura Martin pour le service français) 
 
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