L'Europe pèse sur le CA de Renault au 1er trimestre

le
0
L'Europe pèse sur le CA de Renault au 1er trimestre
L'Europe pèse sur le CA de Renault au 1er trimestre

par Gilles Guillaume

PARIS, 25 AVRIL - Renault a annoncé mercredi une baisse de 8,6% de son chiffre d'affaires au premier trimestre à cause du marché automobile européen, mais confirmé ses prévisions pour l'année au vu de la croissance enregistrée à l'international.

Le constructeur automobile a réalisé sur les trois premiers mois de l'année un chiffre d'affaires consolidé de 9,535 milliards d'euros. Sur la période, ses ventes mondiales en volume ont baissé de 7,9% à 638.498 unités dans le monde, mais augmenté de 12,3% hors d'Europe sur la période.

"La faiblesse du marché européen, et notamment français, a été plus importante que prévu", a déclaré le groupe dans un communiqué. "Cette baisse du marché européen devrait s'atténuer progressivement au deuxième trimestre en fonction des évolutions macro-économiques et d'une base de comparaison plus favorable."

Le marché européen est affecté depuis l'été dernier par un effondrement des ventes de petites voitures en Italie et en Espagne sur fond de crise de la dette, ainsi qu'en France, où la fin des primes à la casse a créé jusqu'à la fin mars un comparatif très défavorable.

PSA Peugeot Citroën a fait état pour sa part mercredi matin d'une chute de 14,2% de ses ventes mondiales au premier trimestre. Le chiffre d'affaires est ressorti quant à lui en baisse de 7%, la contraction dans l'automobile étant compensée par la performance de l'activité bancaire, comme chez Renault, mais aussi, spécificité de PSA par rapport à son concurrent français, par la hausse du chiffre d'affaires de l'équipementier automobile Faurecia dont il détient 57,4%.

La baisse des ventes au premier trimestre a entraîné un gonflement des stocks, qui ont atteint chez Renault 69 jours de ventes à fin mars, contre 52 jours à fin décembre. Ce niveau reste très loin des 80 jours de septembre 2008, en pleine crise, mais au cours d'une téléconférence avec les analystes, le directeur commercial Jérôme Stoll a promis de maintenir les stocks entre 55 et 60 jours d'ici la fin juin.

Comme PSA, le groupe a déjà pris des mesures pour ajuster sa production, notamment à Maubeuge (Nord) où est assemblé le Kangoo.

TROIS MODÈLES LOW COST EN TÊTE DES VENTES À L'INTERNATIONAL

Renault et PSA misent tous deux sur l'international pour compenser un marché européen et français attendu en berne cette année, mais le premier a mieux tiré son épingle du jeu au premier trimestre.

Les ventes de Renault hors d'Europe ont représenté 46% du total, contre 42% chez PSA. Et si ce dernier a progressé en Chine et en Russie, il a souffert au Brésil du redémarrage retardé pour raisons techniques de son site de Porto Real où il vient d'accroître ses capacités.

Par contraste, Renault a vu ses ventes bondir de 36,5% sur un marché brésilien pourtant quasi-stable.

Hors d'Europe, le groupe au losange continue de retirer les fruits du succès de sa gamme low cost. "A l'international, Duster, Sandero et Logan sont les trois principaux contributeurs à notre croissance en volume au premier trimestre", a souligné Jérôme Stoll.

PSA s'était toujours refusé quant à lui à se lancer massivement sur ce segment d'entrée de gamme pour ne pas compromettre sa stratégie visant au contraire à faire monter le prix des voitures de ses deux marques Peugeot et Citroën. Mais l'alliance avec General Motors commence à changer la donne, les deux nouveaux partenaires travaillant maintenant ensemble sur un petit véhicule destiné aux marchés émergents, avec une première application potentielle en Amérique latine.

Malgré la morosité du marché européen, sur lequel il lancera au second semestre la très attendue Clio 4, Renault a confirmé ses objectifs 2012 d'une hausse de ses ventes mondiales en volume et d'un free cash flow opérationnel positif dans la division automobile.

"Le premier trimestre dont nous rendons compte aujourd'hui diffère légèrement de nos scénarios initiaux", a indiqué Dominique Thormann, directeur financier du groupe. "L'Europe s'est comportée un peu moins bien que prévu, mais à l'international a fait un peu mieux que prévu, donc l'un est compensé par l'autre."

"La visibilité est extrêmement mauvaise, mais nous n'avons rien changé à nos prévisions officielles", a-t-il ajouté.

Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital, a cru déceler dans ces propos un ton un peu plus prudent. "Renault a répété son objectif d'un FCF positif en 2012, mais quand on l'a interrogé sur cette prévision, le management a semblé moins assuré qu'auparavant. Il reste que le groupe est en bien meilleure posture que certains concurrents."

Renault, qui lancera en Europe au second semestre la très attendue Clio 4, a clôturé mercredi à 35,3 euros, donnant une capitalisation boursière de près de dix milliards d'euros. Depuis le début de l'année, le titre a pris plus de 30%, après avoir perdu de l'ordre de 38% sur l'ensemble de 2011.

Edité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant