L'Europe n'est pas encore au bout du tunnel, dit Benoît Coeuré

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BENOÎT COEURÉ ESTIME QUE L'EUROPE N'EST PAS ENCORE SORTIE DU TUNNEL
BENOÎT COEURÉ ESTIME QUE L'EUROPE N'EST PAS ENCORE SORTIE DU TUNNEL

par Jean-Baptiste Vey

LYON (Reuters) - Les éléments de la sortie de crise en Europe sont en place mais beaucoup reste à faire pour voir le bout du tunnel, a déclaré vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne.

Lors des Journées de l'économie de Lyon, il a ainsi évoqué une nécessaire mise en place de l'union bancaire européenne, une plus grande intégration budgétaire et la poursuite du processus de recapitalisation des banques.

Il a ajouté que la BCE "ne croit pas" à un risque de sortie de l'euro de certains pays, tout en reconnaissant que ces risques, "qui pour nous ne sont pas acceptables", étaient intégrés dans la valeur des dettes souveraines de certains pays.

"Les éléments de la sortie de crise sont en place, ça va durer assez longtemps, on n'est pas au bout du tunnel", a dit Benoît Coeuré. "La convergence est en cours (...) les positions extérieures sont en train de converger au sein de la zone euro."

Mais, a-t-il poursuivi, "ça ne suffit pas, si on veut consolider tout ça, il faut renforcer très substantiellement l'infrastructure institutionnelle de la zone euro".

"Il faut une supervision unique des banques et il faut un renforcement très significatif des instruments économiques (...), de la gouvernance économique, et peut-être même des éléments de l'intégration budgétaire au sein de la zone euro."

Il est important que le contrôle bancaire au sein de la zone euro puisse démarrer au 1er janvier 2013 et être mis en oeuvre progressivement au cours de l'année prochaine, a-t-il dit.

ZONE EURO TRÈS FRAGMENTÉE

Cela doit se faire en séparant de façon "très stricte" au sein de la BCE la fonction de contrôle bancaire et la fonction de politique monétaire pour éviter les conflits d'intérêts et "le risque de contamination ou de distorsion de la politique monétaire si on donne la priorité au soutien aux banques".

Il a reconnu que l'Europe avait réagi plus tard que les Etats-Unis sur le renforcement de son système bancaire.

"Les banques sont maintenant beaucoup mieux capitalisées mais ça a été fait seulement en 2011, c'est-à-dire quatre ans après le début de la crise, on peut dire que c'est tard. Et on sait bien que quand le secteur bancaire va mal, la politique monétaire est beaucoup moins efficace."

"Il faut que le secteur bancaire soit bien capitalisé, c'est en cours mais il faut aller au terme de ce processus, c'est très important", a-t-il ajouté.

Un des problèmes de la politique actuelle est la fragmentation de la zone euro ces dernières années. "La zone euro est très fragmentée, les marchés de capitaux fonctionnent très mal", a-t-il dit.

"On a ce paradoxe où l'on a la monnaie unique et on n'a plus de liberté de circulation des capitaux de fait au sein de la zone euro parce que les banques des différents pays ne veulent plus se prêter", a-t-il ajouté. "C'est un problème énorme (...) et c'est l'un des sujets de préoccupation de la BCE."

Interrogé sur la possibilité pour la BCE de réduire le niveau de l'euro par rapport à d'autres grandes monnaies pour soutenir les exportations européennes, il a répondu : "Je ne pense pas qu'on ait les instruments qui permettraient d'avoir de manière autonome et indépendamment de la politique monétaire une politique de change agressive."

Edité par Yves Clarisse

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