« L'Europe, la clé du scénario » par Eric Galiègue du Cercle des analystes indépendants

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Les marchés considèrent que l'Europe va sortir par le haut de la crise selon Eric Galiègue.
Les marchés considèrent que l'Europe va sortir par le haut de la crise selon Eric Galiègue.

 

A premier abord, l'optimisme des investisseurs pour les indices européens n'est pas forcément justifié. Mais les marchés font le pari d'une sortie par le haut de la crise européenne explique Eric Galiègue, président du bureau de recherche Valquant et membre du Cercle des analystes indépendants.

Toute personne censée qui observe l'économie et la Bourse ne peut que constater l'exceptionnelle bienveillance, voire complaisance des marchés financiers. Aucune mauvaise nouvelle ne semble infléchir la tendance haussière. Elles sont pourtant nombreuses :

Les analystes financiers poursuivent imperturbablement les révisions en baisse de leurs anticipations de bénéfice, pour la quatrième année consécutive... Ce graphique montre que la tendance aux révisions demeure légèrement négative, et que le bénéfice anticipé aujourd'hui pour l'exercice en cours est le même qu'en octobre 2011...

 

« L'Europe, la clé du scénario » par Eric Galiègue du Cercle des analystes indép
« L'Europe, la clé du scénario » par Eric Galiègue du Cercle des analystes indépendants

 

Le prix du pétrole a amorcé une dangereuse hausse, dont on connait très bien les effets néfastes pour l'Europe. La dégradation de la situation géopolitique des zones de production est très préoccupante depuis quelques années, et la dégradation actuelle en Irak est peut-être le prélude d'un affrontement majeur entre sunnites et chiites, au c½ur des zones de production...

La conjoncture européenne reste très fragile, avec une Allemagne dans une bonne forme, mais de nombreux pays proches de la récession...

 

« L'Europe, la clé du scénario » par Eric Galiègue du Cercle des analystes indép
« L'Europe, la clé du scénario » par Eric Galiègue du Cercle des analystes indépendants

 

Surtout, au niveau monétaire, les opérations de « Quantitative Easing » se réduisent rapidement dans le monde anglo saxon. Aux USA, la dernière réunion de politique monétaire souligne le redressement économique en cours. La hausse de l'inflation, qui se rapproche de l'objectif de la FED, et la baisse du taux de chômage, justifient la poursuite du « tapering ». Désormais, les rachats d'actifs par la Banque Centrale Américaine se font au rythme de 35 milliards de $ par mois. Il est très probable qu'en fin d'année, le Quantitative Easing sera terminé aux USA.

 En Grande Bretagne, M. Carney a clairement évoqué, le 12 juin, la possibilité d'une hausse des taux. Il apparait que l'Angleterre sera  le premier pays à mettre en ½uvre une politique monétaire restrictive...

Comment donc justifier la complaisance des marchés financiers ? Nous pensons que les marchés considèrent que l'Europe va sortir par le haut de la crise qui a affecté les marchés en 2011-2012. La planète entière a les yeux rivés sur la Vieille Europe, qui a pris conscience du risque déflationniste et a lancé la bataille contre ce redoutable démon.  Rappelons que l'Europe reste la première zone au monde de création de valeur économique, de stabilité financière et de cohésion sociale. Le scénario du redressement européen s'articule autour de plusieurs éléments :

La fin des Quantitative Easing dans le monde anglo-saxon correspond au lancement par la BCE de mesures multiples qui ont notamment pour effet d'augmenter le nombre d'¤ en circulation. Nous considérons donc que le cours de l'¤ devrait baisser. Il devrait d'autant plus baisser que M. Draghi communique avec une maestria exceptionnelle, et qu'il saura créer un effet d'annonce important à l'occasion du lancement du Quantitative Easing de la BCE, qui portera sur des ABS (titrisations de crédits à l'économie), probablement avant la fin de l'année.

A la fin de l'année, aussi, le lancement réussi de l'Union Bancaire Européenne, postérieure aux « stress test » et à « l'AQR » (revue de la qualité des actifs détenus par les banques) doit contribuer à créer un choc favorable  qui ne sera pas que psychologique. Le succès de cette étape importante de la construction européenne montrera combien l'Europe a réussi à rebondir à la suite de la crise des dettes souveraines de 2011-2012.

La demande extérieure adressée à l'Europe devrait progressivement se renforcer, et notamment en provenance des USA et, pourquoi pas, de la Chine, qui  a baissé le taux des réserves obligatoires des banques, et réfléchit à son propre Quantitative Easing...

Enfin, il est possible d'envisager, pour 2015, un certain nombre de mesures de relance économique en Allemagne et dans d'autres pays européens, pour favoriser le redressement économique qui reste très poussif. Les prémices d'un ralentissement en Allemagne, que l'on perçoit dans la baisse de certains indicateurs comme le « ZEW », pourraient inciter les politiques à s'entendre sur l'idée d'un plan de relance. Ce sera, aussi, une façon de redorer le blason bien terni de l'Europe auprès de ses citoyens...

Eric Galiègue

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • k.lys le lundi 23 juin 2014 à 10:50

    Il devrait rebaptiser leur truc " cercle des wishful thinkers" . Bref , tissu d'âneries, un peu de ZEW, d'AQR, de QE, pour espérer que leur portif d'action va pas tomber plus bas que terre d'ici peu. Appliquons la logique Shaddok a ma vie:Quant à moi, je devrai donc, d'ici peu, gagner 150 ME au loto ( j'ai toujours perdu donc c'est bon), et me marier avec un top-model ( pour remplacer l'ancien modèle) dans la foulée

  • M2286010 le jeudi 19 juin 2014 à 18:16

    Je suppose que M. pierry5 convoite la place de Mario Draghi, dont tous les discours et mesures prises se révèlent tous très efficaces. Au cas où la manoeuvre de M. pierry devait aboutir, avertissez-moi, je vends tout...

  • pierry5 le jeudi 19 juin 2014 à 17:58

    Revenons aux élucubrations de Draghi que l'on avait pris pour un demi-dieu il y a deux semaines à faire baisser le taux, instaurer un taux négatif pour les banques et promettre de racheter de la dette avec l'argent qu'il n'a pas. Résultat comme pas mal d'entre nous l'avions prévu, l'euro est en train de regrimper à la vitesse grand V. Tout ce cinéma n'a servi à rien.

  • abacchia le jeudi 19 juin 2014 à 17:57

    Ceci étant, il a été à bonne école... Celle là même qui faisait rentrer l'état "Grèce" (et d'autres, certainement) dans la zone Euro, moyennant des tours de passe-passe comptables ! Ceci explique surement celà !

  • EuropeGa le jeudi 19 juin 2014 à 17:53

    Et si l'Angleterre décide de sortir de l'UE, comme cela semble se dessiner : badaboum.

  • lorant21 le jeudi 19 juin 2014 à 17:48

    On ne dira jamais à quel point M.Draghi est efficace.