L'Europe continue de ne pas figurer au " menu du jour " des investisseurs, selon Henderson GI

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(AOF) - Les gérants d'actions européennes ont fait face et continuent d'être confrontés à une période difficile. L'Europe continue de ne pas figurer au " menu du jour " des investisseurs – dont elle est absente depuis désormais plus d'un an, note Tim Stevenson, Directeur Actions Europe chez Henderson Global Investors. La situation pourrait rester la même à court-terme, le résultat de la " cuisine " du Royaume-Uni, qui a voté en faveur d'une sortie de l'Union Européenne, étant peu appétant.

Des inquiétudes subsistent également sur la situation politique qui devrait continuer de faire diversion au cours des 12 prochains mois au moins, avec le référendum en Italie sur une réforme logique du système électoral en décembre, les élections en France en mai 2017 et les élections en Allemagne à l'automne 2017.

Une fois que le battement médiatique lié aux élections américaines se sera dissipé, l'attention devrait, une fois de plus, se tourner vers la situation politique en Europe. "Nous saurons, dans un an, si le vote du " Brexit " au Royaume-Uni n'était qu'un vote de protestation isolé", souligne le directeur.

Entre-temps, l'Espagne aura enfin trouvé un compromis suite aux élections qui ont eu lieu cette année, et un nouveau gouvernement devrait être constitué d'un jour à l'autre ; une petite région belge aura presque fait échouer un accord qui avait fait l'objet de longues négociations entre le Canada et l'Union Européenne, sauvé de justesse, après 11 heures de querelles typiques de nos dirigeants européens…

Dans le monde " réel " des économies et des sociétés, les données en provenance de l'Europe (hors Royaume-Uni) se sont améliorées. "Nous espérions, au début de l'année 2015, que la croissance européenne se reprendrait d'environ 1-1,5 %, et ces chiffres semblent désormais réalistes. Cette confiance contraste fortement avec l'état d'esprit de l'an passé. La Banque Centrale Européenne (BCE), et plusieurs économistes, ont pu surmonter la situation, ce qui laisse sous-entendre qu'un ralentissement de l'important programme d'assouplissement quantitatif de la région pourrait bientôt être à l'ordre du jour. Ceci a conduit à une brusque liquidation, attendue depuis longtemps, des obligations, permettant au rendement à 10 ans des obligations allemandes de passer de -0,1 % à 0,1 %, ce qui est nettement plus positif. Ceci peut sembler insignifiant, mais son incidence sur les titres de croissance à long terme, affichant des valorisations relativement élevées, a été assez dure", estime Tim Stevenson.

Il ajoute : "les économies européennes se sont quelque peu reprises en 2016, bien que cette progression a été relativement lente, et nous nous attendions à ce que les profits suivent la même évolution (croissance potentielle de 12 % en moyenne). Ces 12 % se sont toutefois, pour la troisième année consécutive, transformés en zéro. Les prévisions pour 2017 (qui restent, à l'heure actuelle, de 12 %), seront certainement trop optimistes, ces chiffres étant basés sur une reprise positive du secteur minier, des matériaux, des banques et de l'énergie. L'élément clé pour 2016 et 2017 est la présence d'une niche de croissance, de " 5 à 10 % ", sur plusieurs autres secteurs et titres individuels."

Et c'est de là que proviennent les problèmes, indique le directeur. Ces " niches " ont largement été exploitées au cours des trois dernières années, ce qui a conduit toute une gamme de titres à se négocier avec une prime par rapport au marché et à leurs résultats passés. La réaction a été impitoyable pour les sociétés qui n'ont pas su saisir leur chance : Novo-Disk a perdu sa notation et Ericsson a chuté. "Nous assisterons toujours à des périodes moins houleuses, la plupart des sociétés investissant à long terme, et il se pourrait que le marché décide d'utiliser ces périodes pour reconsidérer ses attentes, avec les cessions qui y sont associées. Cet élément, associé à un léger changement des anticipations de taux d'intérêt, devrait accentué plus fortement les tendances rotationnelles observées cette année."

Le marché est désormais extrêmement diversifié, sans tendance claire, mais la situation pourrait évoluer au cours des 12 prochains mois. "Nous n'avons aucune raison de douter que l'aversion générale pour les actifs européens a été trop loin, en nous basant sur le fait que de nombreuses sociétés européennes sont de véritables leaders mondiaux, et les économies européennes sont généralement considérées comme étant bien mieux placées qu'il y a quelques années. Les partis politiques extrémistes devraient continuer de faire la une des journaux, mais il est possible que les incertitudes, désormais manifestes au Royaume-Uni, prouvent qu'il est plus facile de parler d'un changement radical de politique que de l'obtenir réellement.

Enfin, le paiement, dans un monde de faible croissance, d'une prime pour des titres de croissance européens fiables pourrait, en fin de compte, être logique, en particulier au regard du fait que les récentes retombées sur les marchés ont supprimé la majeure partie, voir même la totalité, de cette prime. L'association de titres de croissance de qualité et de certains titres de reprise cyclique valorisés de façon attractive, pourrait de nouveau commencer à fonctionner", conclut Tim Stevenson.

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