L'Eurogroupe veut plus de garanties avant d'empêcher un Grexit

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* La Grèce veut négocier un nouveau plan d'aide * L'Allemagne reste méfiante vis-a-vis de Tsipras * L'Eurogroupe demande à la Grèce plus de garanties * La France veut jouer un rôle de trait d'union (Actualisé avec nouveaux développements) par Julien Ponthus et Philip Blenkinsop BRUXELLES, 11 juillet (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro sont entrés samedi soir dans un sprint final de négociations pour obtenir de la Grèce de nouvelles garanties sur le plan de réformes qu'elle promet de mettre en oeuvre en échange de son maintien dans la zone euro. Les discussions, entamées à 15h00 (13h00 GMT) dans un climat d'incertitude totale quant à leur issue, se poursuivaient dans la soirée pour tenter de convaincre de nombreuses capitales de donner leur feu vert au lancement d'un troisième plan de sauvetage pour Athènes. "Il ne faut pas commencer ces négociations sans la mise en oeuvre de certaines mesures" promises par le gouvernement d'Alexis Tsipras, a estimé un diplomate européen, traduisant le peu de confiance qu'un groupe de capitales emmené par Berlin ressent vis-a-vis d'Athènes. Ces dernières craignent que le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité, après l'obtention de fonds européens. Faute d'accord dans la nuit, il reviendra aux chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet dimanche à Bruxelles de débloquer la situation. L'optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier contraste avec le scepticisme de nombreux dirigeants européens aux yeux desquels la crédibilité du gouvernement d'Alexis Tsipras a été compromise pendant les négociations. "LA CONFIANCE A ÉTÉ DÉTRUITE" "La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe. Les dernières propositions du gouvernement grec sont loin d'être suffisantes pour l'octroi d'un troisième plan d'aide à Athènes, a-t-il encore estimé alors que les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable. Ces derniers ont chiffré à 82 milliards d'euros les besoins financiers supplémentaires totaux de la Grèce pour faire face à ses obligations. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a obtenu aux premières heures de samedi le soutien du Parlement au programme de réformes qu'il se propose de mettre en oeuvre en échange d'un prêt de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années du Mécanisme européen de stabilité (MES). Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, le plan Tsipras est considéré comme la dernière chance d'éviter l'effondrement financier et économique du pays. François Hollande, qui s'est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, avait salué vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration. "LA FRANCE EST UN TRAIT D'UNION" "La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous", a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l'Eurogroupe. La discussion "sera (...) exigeante parce que la confiance est un élément déterminant de l'accord, si nous voulons un accord global et un accord durable", a-t-il ajouté. A son arrivée à Bruxelles, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a dit s'attendre à des négociations "difficiles" entre les ministres favorables à un accord avec la Grèce et ceux qui demandent des garanties supplémentaires. Les discussions, qui doivent aussi porter sur une aide à court terme pour faire la jonction entre les besoins immédiats de la Grèce et l'adoption du nouveau plan, s'annoncent longues et la conférence de presse finale de l'Eurogroupe provisoirement fixée à 22h00 (20h00 GMT) sera sans nul doute repoussée. Jeroen Dijsselbloem a prévenu que la question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), pourrait ne pas être abordée faute de temps. L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité. (Avec Robert-Jan Bartunek, Chine Labbé et Andreas Rinke, édité par Tangi Salaün et Guy Kerivel)

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  • M4947935 le samedi 11 juil 2015 à 23:42

    Comment faire confiance à Tsipras ? Pour 82milliards on peut quand même prendre ses précautions, même si la France se porte garant...

  • janaliz le samedi 11 juil 2015 à 18:27

    Je pense qu'il y aura un accord. En attendant ceux qui ont un peu la tête sur les épaules font mariner les Grecs, montrant que la plaisanterie a assez duré.

  • odnaz le samedi 11 juil 2015 à 18:14

    Les vacances d'été sont là, la Grèce emmerd.... donc tout le monde (Juncker, Lagarde, ....) Donc on va brader à tout va les milliards des contribuables pour ne pas pourrir l'été des grands de ce monde.

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