L'Eurogroupe sur la Grèce prorogé faute toujours de garanties

le
3
PROLONGATION DE L'EUROGROUPE SUR LA GRÈCE
PROLONGATION DE L'EUROGROUPE SUR LA GRÈCE

par Julien Ponthus et Francesco Guarascio

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, faute d'accord, de suspendre jusqu'à ce dimanche les négociations engagées pour obtenir de la Grèce des garanties sur les réformes qu'elle promet de mettre en oeuvre en échange de son maintien dans la zone euro.

Les discussions de l'Eurogroupe, entamées samedi après-midi dans un climat d'incertitude totale quant à leur issue, se sont poursuivies jusqu'à environ minuit sans déboucher sur un feu vert au lancement d'un troisième plan de sauvetage pour Athènes.

Les discussions ont été "très difficiles", a admis à sa sortie de la réunion le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui avait prévenu qu'il ne serait pas simple de concilier les positions des ministres favorables à un accord avec la Grèce et ceux qui demandent des garanties supplémentaires.

L'Eurogroupe devait reprendre ses travaux dimanche à 11h00.

Selon une source au fait des négociations, les grands argentiers de la zone euro ont travaillé à la rédaction d'un communiqué détaillant de nouvelles mesures, notamment de libéralisation de l'économie, qui s'ajouteraient au plan de réformes présenté par le gouvernement d'Alexis Tsipras jeudi et entériné par le Parlement grec aux premières heures de samedi.

Si un accord est trouvé par l'Eurogroupe dimanche matin, un sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de la zone euro est prévu en milieu d'après-midi, à partir de 16h00.

De nombreux pays disent ne pas avoir confiance en Alexis Tsipras. Ils craignent notamment qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

La Grèce aura par ailleurs besoin d'une aide à court terme pour faire la jonction entre ses besoins financiers immédiats et l'adoption du nouveau plan qui prendra au moins quelques semaines.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son produit intérieur brut (PIB), est aussi posée.

L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité.

"LA CONFIANCE A ÉTÉ DÉTRUITE"

L'optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier contrastent avec le scepticisme de nombreux dirigeants européens aux yeux desquels la crédibilité du gouvernement d'Alexis Tsipras a été compromise pendant les négociations.

"La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à l'Eurogroupe.

Les dernières propositions du gouvernement grec sont loin d'être suffisantes pour l'octroi d'un troisième plan d'aide à Athènes, a-t-il encore estimé alors que les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable vendredi.

Ces derniers ont chiffré à 82 milliards d'euros les besoins financiers supplémentaires totaux de la Grèce pour faire face à ses obligations.

Le Premier ministre grec a obtenu le soutien du Parlement au programme de réformes qu'il se propose de mettre en oeuvre en échange d'un prêt de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la BCE, le plan Tsipras est considéré comme la dernière chance d'éviter l'effondrement financier et économique du pays.

François Hollande, qui s'est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, a salué vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration.

"La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous", a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l'Eurogroupe samedi.

(Avec Robert-Jan Bartunek et Andreas Rinke, édité par Guy Kerivel, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mucius le dimanche 12 juil 2015 à 12:42

    Les experts français sont des énarques experts en tromperie sur les comptes. On commence à les connaître à Bruxelles!

  • janaliz le dimanche 12 juil 2015 à 11:32

    A cette heure les fabuleux experts français qui ont "aidés" les Grecs en prennent plein la poire... Un sacré coup de pied de l'âne... Néanmoins je persiste à croire, et j'espère pour les citoyens grecs, que in fine un compromis sera trouvé afin d'éviter aux Grecs une errance qui pourrait être grave pour l'Europe continentale. On se rend compte que les pays qui ont fait des efforts ne comprennent plus pourquoi pour les autres les règles ne valent pas. A méditer...

  • M3866838 le dimanche 12 juil 2015 à 11:27

    Peut-on avoir confiance en un ministre qui confond négociation et poker?

Partenaires Taux