L'Eurogroupe se penche sur le rachat de dette grecque

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L'EUROGROUPE SE PENCHE SUR LE RACHAT DE DETTE GRECQUE
L'EUROGROUPE SE PENCHE SUR LE RACHAT DE DETTE GRECQUE

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi à Bruxelles pour convenir des modalités de rachat d'obligations de la Grèce et passer en revue la situation de Chypre, également en difficulté.

Le rachat d'obligations est un volet essentiel du plan de réduction de la dette grecque entériné dans la nuit du 27 au 28 novembre par les créanciers internationaux du pays, qui se sont entendus pour ramener l'endettement d'Athènes à 124% du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon de 2020 contre près de 190% prévu en 2013.

L'opération doit permettre de réduire la dette d'un montant équivalent à 11% du PIB, soit 20 milliards d'euros environ.

Les modalités de ce rachat volontaire seront dévoilées lundi, y compris pour les 63 milliards d'euros de dette grecque toujours aux mains de créanciers privés.

Les ministres de la zone euro espèrent que la Grèce sera en mesure de racheter au moins 40 milliards d'euros de ses obligations détenues par des investisseurs privés, selon deux sources impliquées dans les préparatifs de la réunion.

Selon ce qui a été convenu le 27 novembre, le prix proposé par Athènes n'excédera pas le cours de clôture du 23 novembre. En raison de la diversité des échéances, ce prix indicatif varie de 25,15 à 34,41 centimes par euro de valeur nominale.

SUCCÈS ATTENDU

Les ministres escomptent que la Grèce consacrera 10,2 milliards d'euros à ce rachat.

L'opération devra avoir été achevée d'ici le 12 décembre afin que l'Eurogroupe et le Fonds monétaire international en fassent le bilan le 13 décembre, date retenue pour le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide internationale de 34 milliards d'euros en faveur de la Grèce.

A cette date, les créanciers internationaux feront aussi le point sur les autres mesures du plan de réduction de la dette convenu le 27 novembre.

Parmi celles-ci figurent la diminution des taux d'intérêt des prêts bilatéraux à la Grèce, l'allongement des maturités, le report de paiements d'intérêts et le reversement à Athènes des profits réalisés par la Banque centrale européenne sur son portefeuille d'obligations grecques.

Le programme de rachat d'obligations lancé par Athènes est vital en ce qu'il conditionnera le soutien du FMI au plan de réduction de la dette.

"Je suis confiant que l'opération marchera comme prévu", dit un responsable européen. "Il y a clairement le sentiment que le système financier grec dans son ensemble y participera."

Mais un résultat nettement en deçà des attentes créerait une situation "très, très difficile", reconnaît-il.

CHYPRE AUSSI

L'Eurogroupe examinera aussi un projet d'accord sur une aide financière à Chypre qui permettrait au pays de recapitaliser son secteur bancaire et de se refinancer à moindre coût.

Selon le projet de texte dont Reuters a pu prendre connaissance vendredi, Chypre aurait besoin d'un montant maximal de dix milliards d'euros pour renflouer ses banques, durement touchées par la crise de la dette et par leur exposition à la Grèce.

Le chiffre exact sera déterminé après un audit en cours, aussi aucun accord n'est-il à attendre sur ce point lundi. L'approbation des créanciers internationaux pourrait intervenir en fin de semaine ou la semaine suivante, selon un haut responsable de l'UE.

La presse chypriote croit savoir que Nicosie demandera jusqu'à 10 milliards d'euros pour ses banques - une estimation confirmée par le gouverneur de la banque centrale - et 7,5 milliards pour couvrir ses besoins de financement.

Véronique Tison pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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