L'Eurogroupe rejette l'offre du privé en Grèce

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L'EUROGROUPE REJETTE L'OFFRE DU PRIVÉ EN GRÈCE
L'EUROGROUPE REJETTE L'OFFRE DU PRIVÉ EN GRÈCE

par Jan Strupczewski et Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté lundi la dernière offre de participation des créanciers privés de la Grèce à un second plan d'aide à Athènes et ont appelé à la conclusion rapide d'un accord.

Les représentants des banques et assureurs qui négocient avec les autorités grecques avaient pourtant qualifié dimanche leur dernière offre comme le maximum de ce qui leur était possible de concéder dans le cadre d'un échange de dette "volontaire".

"Nous accueillons positivement la convergence croissante et avons demandé au gouvernement grec de parvenir dans les prochains jours à un accord sur les termes et les conditions d'une offre de participation du secteur privé", a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, lors d'une conférence de presse.

Mais il a ensuite précisé que l'accord devait prévoir un taux d'intérêt inférieur à 4% sur l'ensemble de la période de 30 ans sur laquelle porte l'échange d'obligations, donc inférieur à 3,5% d'ici 2020.

Des sources proches des pourparlers avaient rapporté ce week-end qu'Athènes et ses créanciers obligataires se rapprochaient d'un accord mais que de nombreux détails devaient encore être réglés.

Selon elles, les discussions s'orientaient vers une perte de 65 à 70% pour les investisseurs privés, qui échangeraient leurs obligations actuelles contre des titres assortis d'une maturité de 30 ans et d'un taux d'intérêt progressif atteignant 4% en moyenne sur la période.

Athènes négocie depuis des mois avec ses créanciers les modalités de l'effacement d'une partie de sa dette, condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards de la part de ses partenaires de la zone euro.

ACCORD D'ICI AU 30 JANVIER

Les négociations devraient désormais reprendre au cours des prochaines heures avec pour but de parvenir à un accord d'ici au sommet européen qui se tient lundi prochain à Bruxelles.

Du fait de longues formalités d'application, le pays a désormais besoin d'un accord sur ce plan de participation du secteur privé (PSI) dans les tout prochains jours, sous peine de faire défaut dès la fin du mois de mars.

Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, s'est déclaré confiant dans la capacité des ministres des Finances de la zone euro à conclure prochainement un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur un échange de dette.

La France et l'Allemagne se sont également montrées optimistes au sujet des négociations entre la Grèce et ses créanciers pour lesquelles un accord semble "prendre forme" mais ont pressé Athènes de respecter l'intégralité de ses engagements.

L'échange d'obligations vise à réduire de 100 milliards d'euros le montant de la dette publique grecque, qui dépasse pour l'instant 350 milliards, soit environ 160% du produit intérieur brut.

Au total, le second plan d'aide doit permettre à Athènes de ramener son ratio d'endettement à 120% du PIB en 2020.

Mais il implique aussi des mesures d'austérité supplémentaires dans un pays frappé par sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et qui devrait connaître en 2012 sa cinquième année consécutive de récession.

Le taux de chômage dans le pays dépasse 18%, un niveau sans précédent, et il approche 50% chez les jeunes, ce qui entretient les tensions sociales. Manifestations et grèves ont lieu presque quotidiennement contre la hausse des impôts et des taxes et le gel des salaires.

Nicolas Delame et Jean Décotte pour le service français, édité par Marine Pennetier

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  • a.stmarc le mardi 24 jan 2012 à 08:42

    le gros probleme , c'est que ces messieurs de l'europe en costume sont des pantins , qui causent mais n'ont rien dans le froc . juste bon pour la reunionite , et le restau aux frais des contribuables europeens .

  • a.stmarc le mardi 24 jan 2012 à 08:39

    les banques doivent prendre leurs pertes , et qu'on en finisse . de toutes facons , tout le monde sait que effacre 100 milliards ne suffira pas . la Grece doit sortir , c'est un cas exceptionnel et on a pas les moyens ni le devoir de le traiter .en bourse ne dis t-on pas qu'il faut savoir se trancher la main , plutot que perdre le bras ?