L'Eurogroupe prudent sur l'accord en Grèce

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L'EUROGROUPE SE MONTRE PRUDENT AU SUJET DE L'ACCORD EN GRÈCE
L'EUROGROUPE SE MONTRE PRUDENT AU SUJET DE L'ACCORD EN GRÈCE

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro se sont montrés prudents au sujet de l'accord trouvé en Grèce sur un nouveau programme de réforme et indiqué qu'aucune décision définitive sur un second plan d'aide à Athènes n'interviendrait jeudi.

A leur arrivée à une réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, ils ont surtout insisté sur leur volonté de débattre en profondeur de ce second programme, qui doit également recevoir l'aval de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et des créanciers privés de la Grèce.

"Je ne pense pas que nous ayons une décision finale et définitive ce soir. Nous devons discuter plusieurs éléments des propositions qui nous serons soumises", a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

"Ce n'est pas un désastre, le débat doit être mené à son terme", a-t-il ajouté.

De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a jugé que l'accord au niveau technique obtenu jeudi dans l'après-midi à Athènes devait désormais être présenté et défendu par le ministre grec Evangelos Vénizélos.

"Il revient au gouvernement et au parlement grecs de convaincre leurs partenaires européens via un engagement fort et des actions concrètes visant à assurer la consolidation fiscale et les réformes structurelles", a dit le commissaire finlandais.

Auparavant, le ministre grec avait déclaré qu'il espérait désormais enregistrer un accord politique de l'Eurogroupe.

Il doit présenter à ses pairs de la zone euro des mesures d'économie de l'ordre de 3,3 milliards d'euros cette année afin de les convaincre de continuer d'aider la Grèce.

NOMBREUX ET IMPORTANTS DÉTAILS

Les trois partis de la coalition au pouvoir à Athènes ne se sont entendus qu'en début d'après-midi sur les réformes réclamées en échange du versement du deuxième plan d'aide, qui permettrait à Athènes d'éviter de se retrouver en cessation de paiement en mars.

Mais d'importants détails doivent encore être finalisés qui portent sur la participation des créanciers privés à la restructuration de la dette grecque, le montant des financements publics fournis par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de pouce qui pourrait être donné par la BCE.

Les banques et autres créanciers privés de la Grèce se sont entendus avec Athènes sur la base d'une décote de 70% de leurs actifs dans le cadre d'un échange des obligations grecques qu'ils détiennent contre de nouveaux titres.

Les pays de la zone euro doivent quant à eux apporter 130 milliards d'euros de prêts publics et le président de la BCE, Mario Draghi a ouvert la porte jeudi à ce que l'institut de Francfort redistribue aux Etats les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.

De son côté, le FMI veut s'assurer avant de prêter de nouveaux fonds à Athènes que la dette grecque sera à nouveau tenable à terme, alors que l'objectif de parvenir à un niveau de dette de 120% en 2020 n'est pas tout à fait certain.

Par ailleurs, plusieurs pays, dont l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas devront consulter leurs parlements avant de signer définitivement l'accord.

D'autres pays, l'Italie et Chypre notamment, ne seront pas représentés au niveau ministériel à la réunion.

Mario Monti, président du Conseil et ministre des Finances italien, en visite à Washington, sera représenté par Carlo Monticelli, secrétaire d'Etat à l'Economie.

Le ministre français de l'Economie, François Baroin, doit quant à lui arriver à Bruxelles dans la soirée.

Julien Toyer, édité par Nicolas Delame

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  • m.young le jeudi 9 fév 2012 à 21:10

    AFP 08/02/12 : "...projet de loi de finances rectificative pour 2012 présenté mercredi, le gouvernement révise aussi à la hausse le déficit budgétaire de l'Etat prévisionnel pour 2012, désormais attendu à 84,9 milliards d'euros, soit 6,2 milliards de plus que la prévision initiale. Là aussi...c'est la dotation au fonds européen qui aggrave les comptes de l'Etat, dont le déficit prévisionnel serait au contraire en diminution de 0,3 milliard hors versement au MES" - NOUS PAYONS TOUS !!!

  • e2209hds le jeudi 9 fév 2012 à 20:49

    ils se sontmis d'accord sur quoi ? on sais toujours pas, de toute façon cela ne nous concernent pas.