L'Eurogroupe et le FMI cherchent un compromis sur la Grèce

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FMI ET EUROGROUPE À LA RECHERCHE D'UN COMPROMIS SUR LA GRÈCE
FMI ET EUROGROUPE À LA RECHERCHE D'UN COMPROMIS SUR LA GRÈCE

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) vont tenter lundi de débloquer une nouvelle tranche d'aide à la Grèce, un accord semblant toujours buter sur la question d'une éventuelle décote de la dette d'Athènes.

L'Eurogroupe et le FMI cherchent depuis plusieurs semaines un compromis pour rendre viable sur le long terme la dette grecque, qui devrait atteindre 190% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, l'objectif étant de la ramener à 120% du PIB à l'horizon 2020.

Tant qu'il n'y a pas d'accord sur les moyens à mettre en oeuvre, les créanciers ne veulent pas débloquer la nouvelle tranche du plan de sauvetage dont Athènes - qui a pourtant rempli toutes les conditions qui lui avaient été posées - a urgemment besoin.

La question sur laquelle butent les négociations est la suivante: la dette peut-elle redevenir soutenable sans que la Grèce ne soit dispensée de rembourser certains des prêts qui lui ont été consentis?

Préconisé par le FMI, l'effacement d'un partie de la dette grecque suscite les réticences de plusieurs pays européens, Allemagne en tête.

Diverses autres solutions ont jusqu'à présent été envisagées pour rendre la dette soutenable.

La première consisterait à baisser les taux d'intérêts des prêts bilatéraux accordés à la Grèce, actuellement à 150 points de base (pdb) au-dessus des coûts de financement.

Mais les pays de la zone euro divergent sur l'ampleur de la baisse: la France et l'Italie voudraient ramener le taux à 30 pdb; l'Allemagne et d'autres pays ne veulent pas descendre en dessous de 90 pdb.

125% EN 2020

Une autre solution, qui pourrait permettre de réduire la dette de près de 17% du PIB, consisterait à reporter de dix ans le paiement des intérêts sur les prêts accordés à la Grèce par le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait de son côté renoncer aux profits réalisés sur les obligations souveraines grecques qu'elle a achetés à prix réduits, ce qui permettrait de réduire la dette de 4,6% supplémentaires d'ici 2020, selon le document préparé en vue de la réunion de la semaine dernière.

Mais toutes les banques centrales européennes ne semblent pas disposées à renoncer à leurs profits, la Bundesbank étant l'une de celles qui - à ce stade - s'y opposent.

Enfin, la Grèce pourrait racheter sur le marché à tarif préférentiel les obligations détenues par des investisseurs privés.

L'ensemble de ces solutions ne permettrait toutefois pas de ramener la dette grecque à 120% du PIB en 2020, mais au mieux en 2022, note le document préparatoire. Sur la base des derniers calculs, elle devrait encore s'élever à 125% du PIB en 2020, a précisé un membre d'une délégation de la zone euro.

Or, le FMI s'est jusqu'à présent opposé à un report de deux ans de l'objectif de réduction de la dette.

Pour parvenir à 120% en 2020, il appelle à un effacement d'une partie de la dette grâce à une restructuration des créances des Etats et des organismes supranationaux, un processus connu sous le nom d'implication du secteur officiel (Official Sector Involvment, ou OSI). Mais l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Finlande ne veulent pas en entendre parler.

"GAGNER" LE DROIT À UNE DÉCOTE

"L'OSI est le principal obstacle à un accord", souligne un responsable de la zone euro qui participe aux négociations.

Le gouverneur de la Bundesbank a suggéré que la Grèce pourrait "gagner" le droit de bénéficier d'une telle décote d'ici quelques années si elle mène d'ici là les réformes qui sont exigées d'elle. La Commission européenne semble partager cet avis.

Le journal allemand Welt am Sonntag a écrit dimanche que les ministres des Finances de la zone euro envisageaient d'effacer certains prêts à partir de 2015, mais sans citer de sources et un responsable de la zone euro a nié qu'une telle option ait jamais fait l'objet de discussions sérieuses.

Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a répété dimanche au quotidien allemand Bild qu'une décote ne devait pas selon lui faire partie des mesures de sauvetage.

"Les pays de la zone euro ont déjà fait des concessions qui coûtent beaucoup d'argent, il est donc difficile de voir comment aller plus loin", estime de son côté un responsable de la zone euro, jugeant compliqué de parvenir à un accord lundi.

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a au contraire jugé dimanche qu'il y avait eu samedi, lors d'une conférence téléphonique, des "avancées fortes" pour établir une position européenne commune.

"Nous sommes tout près d'une solution", a insisté le ministre, selon lequel toutes les solutions jusqu'alors évoquées devraient être mises en oeuvre.

Avec Jean-Baptiste Vey à Paris et Erik Kirschbaum à Berlin, Tangi Salaün pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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