L'euro n'explique pas les problèmes de la France, selon Bricq

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POUR NICOLE BRICQ, LA FORCE DE L'EURO N'EXPLIQUE PAS LES PROBLÈMES DE LA FRANCE
POUR NICOLE BRICQ, LA FORCE DE L'EURO N'EXPLIQUE PAS LES PROBLÈMES DE LA FRANCE

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le débat sur la force de l'euro ne doit pas masquer les vrais problèmes de compétitivité des entreprises françaises, a déclaré mardi la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq.

A plus de 1,38 dollar, l'euro a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis fin 2011, restant cependant loin de son record d'environ 1,60 établi en 2008.

Face à cette hausse, qui pénalise les exportations françaises, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a plaidé mardi pour une dépréciation de 10% de la monnaie européenne.

La force de l'euro, "c'est un vrai problème pour les entreprises qui y sont confrontées mais ça ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt", a déclaré Nicole Bricq lors d'un entretien à Reuters.

"L'euro ne doit pas être une excuse pour ne pas rattraper notre retard de compétitivité. C'est un peu facile de dire : ?c'est la faute de l'euro'. Non ! C'est nous qui devons trouver les solutions à notre handicap de compétitivité, compétitivité-prix et compétitivité-hors prix", a-t-elle ajouté.

"Et dans certains secteurs, on a les deux, c'est la double punition : on coûte trop cher par rapport à la gamme qu'on a en face. Ça, c'est notre problème, ce n'est pas le problème de l'euro."

LES EXEMPLES ITALIEN ET ESPAGNOL

Nicole Bricq a souligné que 40% du commerce extérieur de la France s'effectuait au sein de la zone euro et que l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne avaient de bien meilleures performances à l'export que la France, avec la même monnaie.

Les entreprises françaises doivent donc selon elle s'interroger davantage sur le positionnement de leurs produits.

"Certains disent que la Banque centrale européenne ne fait pas son boulot, qu'il faut qu'elle fasse comme la Fed" américaine, a poursuivi Nicole Bricq.

Mais "franchement, là où l'on en est en zone euro, ce n'est pas un taux directeur qui baisserait de 0,25 ou de 0,5 point qui changera vraiment les choses", a-t-elle ajouté, à rebours des revendications d'Arnaud Montebourg qui estime que la BCE devrait imiter la banque centrale américaine.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a quant à lui estimé dimanche que "nous ne sommes pas encore sortis de la fourchette qui nous permettrait de dire que l'euro est franchement surévalué".

Il avait ajouté que l'évolution de l'euro était un sujet de "vigilance et d'attention", en précisant que "nous nous exprimerons le moment venu si cela est nécessaire en rappelant quelque chose de fondamental, que les monnaies refléter la force intrinsèque des économies".

Edité par Yves Clarisse

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