L'euro fort assombrit le début de semaine sur les marchés

le
0

(AOF) - Les marchés européens ont signé un début de semaine morose : les volumes sont restés limités (1,476 milliard d'euros ont été échangés aujourd'hui contre près de 3 milliards pour une séance ordinaire), l'euro s'est stabilisé à son plus haut niveau depuis 2015 et le pétrole a chuté. Le CAC 40 a cédé 0,48% à 5 079,75 points tandis que l'EuroStoxx 50 a perdu 0,51% à 3 421,03 points. Wall Street ne fait guère mieux : le Dow Jones cède 0,15% à 21 780,81 points en fin d'après-midi.

Les investisseurs qui espéraient obtenir à Jackson Hole des indices sur la politique monétaire à attendre d'ici la fin de l'année, en ont été pour leurs frais. Janet Yellen et Mario Draghi, respectivement présidents de la Fed et de la BCE, ont préféré focaliser leurs interventions sur la régulation financière et la lutte contre le protectionnisme.

Concernant la Fed, certains observateurs voient dans le silence de Janet Yellen une façon de préparer les marchés à un ajournement du troisième relèvement de taux attendu d'ici la fin de l'année. Cette perspective est la principale explication à l'accès de faiblesse du dollar entre vendredi soir et aujourd'hui. Ce soir, 1,19 dollar était nécessaire pour acquérir un euro.

Du côté de l'euro, l'enjeu est légèrement différent. Avant Jackson Hole, la monnaie unique avait déjà commencé à s'apprécier, atteignent 1,18 dollar alors qu'elle évoluait autour de 1,13 dollar avant l'été. Dans ce contexte, les investisseurs et analystes s'attendaient à un commentaire accommodant de Mario Draghi pour calmer la hausse de la devise. Le président de la BCE n'est pas venu sur ce terrain, sans doute pour se laisser toute latitude pour réagir lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 7 septembre. Les investisseurs vont donc devoir rester dans le flou d'ici là.

Cette évolution haussière de la devise européenne représente une menace pour la compétitivité des entreprises de la zone, par rapport à leurs concurrentes de la zone dollar. L'appréciation de l'euro renchérit en effet le prix de leurs produits exportés. Parmi les valeurs les plus sensibles à la variation des changes, Airbus (-0,97%) a sousperformé le CAC 40.

Quant à Vivendi (-2,86%), qui a signé la plus forte baisse du SBF 120, le responsable n'est pas l'euro fort mais les mauvaises performances de sa filiale Havas qui a enregistré une baisse inattendue de son activité au deuxième trimestre et abandonné son objectif annuel de croissance organique. A l'autre bout de l'indice, Michelin (+1,65%) a été soutenu par le relèvement de recommandation, de Neutre à Achat, d'Oddo BHF.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant