L'euro devrait baisser face au dollar

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(lerevenu.com) - L'évolution anticipée des politiques monétaires en Europe et aux États-Unis devrait stimuler la reprise du billet vert dans les prochains mois.

C'est un coup d'épée dans l'eau pour Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). La décision de l'institution, le 7 novembre, de réduire son taux directeur de 0,5 à 0,25%, a provoqué un brusque repli de l'euro, de 1,35 à 1,33 dollar. Mais la monnaie unique est repassée depuis au-dessus de 1,35 dollar. De quoi défier la théorie économique ! Si l'on ajoute à cela des perspectives conjoncturelles plus vigoureuses de l'autre côté de l'Atlantique, ainsi qu'un commerce extérieur en amélioration, alors la baisse du billet vert, dont le début du mouvement remonte à l'été 2012, a tout d'une anomalie?

Mais l'évolution des changes reste guidée par la création monétaire aux Etats-Unis, où la Réserve fédérale américaine (Fed) injecte chaque mois 85 milliards de dollars via des rachats d'actifs (quantitative easing). «Depuis trois ans, la parité euro/dollar évolue largement en fonction de la taille relative des bilans de la Fed et de la BCE», soulignait dans une récente étude Bruno Cavalier chez Oddo. L'économiste rappelle que fin 2011, avec l'annonce par la BCE d'opérations de refinancement à long terme (LTRO), l'euro s'est déprécié jusque mi-2012. Puis fin 2012, la Fed a annoncé un nouveau programme de «QE»,et le dollar est reparti à la baisse?

De même, lorsqu'il est apparu, le 18 septembre dernier, que la modération par la Fed de ses rachats d'actifs n'était plus imminente, le dollar a accusé le coup. Depuis, les investisseurs semblent penser qu'une telle modération n'interviendra pas avant la réunion du comité de politique monétaire du? 13 mars 2014. Un scénario renforcé par le discours de Janet Yellen devant la Commission bancaire, la semaine dernière. La future présidente de la Fed, qui prend la succession de Ben Bernanke en janvier, a ardemment défendu la légitimité du «QE» pour soutenir la reprise économique américaine. Pourtant, l'orientation favorable des indicateurs de conjoncture aux Etats-Unis militerait pour un changement d'orientation dès la réunion du 18 décembre.

Mais dans cette course à la création monétaire, le vent pourrait tourner. En effet, la BCE n'a pas grillé toutes ses cartouches. On évoque notamment une nouvelle opération de LTRO courant 2014. Si, au même moment, la Fed amorce le ralentissement de ses rachats d'actifs, alors le différentiel de politique monétaire pourrait enfin être favorable au billet vert. Au plus grand soulagement des entreprises exportatrices du Vieux continent, qui subissent l'appréciation de l'euro.

Graphiquement, la tendance baissière à long terme de l'euro engagée depuis le pic de 2008 à 1,60 dollar reste valable tant que l'euro évolue sous 1,38 dollar.

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