L'Euro de football sous la menace du mouvement social

le
1
L'EURO DE FOOT SOUS LA MENACE DES MOUVEMENTS SOCIAUX
L'EURO DE FOOT SOUS LA MENACE DES MOUVEMENTS SOCIAUX

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les syndicats engagés dans un bras de fer avec le gouvernement contre le projet de loi Travail, CGT et Force ouvrière en tête, envisagent désormais de poursuivre leur mouvement après le coup d'envoi de l'Euro de football en France, le 10 juin.

A l'issue du deuxième jour de mobilisation de la semaine, marqué par un rebond de la participation aux manifestations après un net essoufflement, la CGT, FO, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse Unef, Unl et Fidl ont lancé jeudi soir un appel à deux nouvelles journées d'action.

La première est programmée le 26 mai. La seconde prendra la forme, comme le souhaitait notamment FO, d'une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris.

La date retenue est doublement symbolique : le 14 juin est non seulement le début de l'examen de la loi Travail en séance plénière au Sénat mais elle se situe en outre après le début de l'Euro, une compétition internationale sur laquelle la France mise pour redorer son image malgré la menace terroriste.

Dans le secteur pétrolier, la CGT et FO appellent à un durcissement dans la durée du mouvement actuel de perturbation des installations, où des assemblées générales sur la suite du mouvement sont prévues à la mi-journée.

"L'objectif est l'arrêt de toutes les raffineries en France. C'est un appel à la grève illimitée", a déclaré à Reuters le délégué central CGT de Total Raffinage Pétrochimie, Thierry Defresne, qui s'est dit confiant dans le vote des salariés.

Si au niveau confédéral, la CGT commence à craindre d'être lâchée par FO, ce n'est pas le cas dans le secteur pétrolier, où Force ouvrière appelle aussi à un arrêt complet des installations et à la grève reconductible.

Selon Thierry Defresne, il faut cinq jours pour arrêter une raffinerie et trois à quatre jours pour la relancer.

"Si l'arrêt des installations est votée, on est partis au minimum pour 12 jours sans produits, donc jusqu'à début juin", a-t-il souligné. "Si Hollande ne veut pas entendre, il va y avoir des soucis pour l'Euro."

"Ça s'essouffle dans les manifestations parce que Hollande et le gouvernement font peur avec les casseurs. Mais nous constatons qu'il y a de plus en plus de boîtes en grève", a ajouté le dirigeant cégétiste.

PLAN B ?

A la SNCF, où des négociations laborieuses sur un nouveau cadre social sont en cours, la CGT a déposé un préavis de grève reconductible les mercredis et jeudis. SUD-Rail a pour sa part lancé un appel à la grève reconductible jusqu’au 11 juillet, lendemain de la finale de l’Euro.

"Nous sommes dans une phase de discussion compliquée (...) et j'espère que tout arrivera à une phase conclusive à la fin de la semaine prochaine, avant naturellement l'Euro", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.

"Aucun Français, quelles que soient ses convictions, ne comprendrait (...) qu'on remette en cause l'image de la France et ce rendez-vous important", a-t-il ajouté au micro de France Info. "Je n'ose pas imaginer que (...) les cheminots prennent le risque de bloquer la France."

Un avis partagé par le secrétaire général du principal syndicat réformiste, la CFDT, qui pourrait prendre à la CGT la place de première organisation syndicale française en terme d'audience au printemps prochain et soutient la loi Travail.

"Ça serait complètement idiot d'avoir une volonté de qui que ce soit de bloquer L'Euro de football", a déclaré Laurent Berger à Radio Classique. "Je n'ose pas imaginer que la stratégie serait le blocage du pays au moment de l'Euro."

Alain Vidalies n'en est pas moins convenu sur France Info que la question d'un "plan B" se posait.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • phili646 le vendredi 20 mai 2016 à 12:50

    Mou du genoux 1er va bientôt plier le sien !!!!