L'étude sur les OGM du biologiste français Séralini retirée

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L'ÉTUDE SUR LES OGM DU BIOLOGISTE FRANÇAIS SÉRALINI RETIRÉE
L'ÉTUDE SUR LES OGM DU BIOLOGISTE FRANÇAIS SÉRALINI RETIRÉE

LONDRES (Reuters) - L'éditeur de la revue qui a publié en septembre 2012 les conclusions du biologiste français Gilles-Eric Séralini sur la nocivité d'un maïs transgénique a demandé leur retrait de la littérature scientifique.

L'étude, qui a fait grand bruit, indiquait que la consommation d'une variété de maïs produite par le groupe Monsanto provoquait des cancers ainsi que des troubles hépatiques et rénaux chez le rat.

Mais pour Reed Elsevier, propriétaire de la revue Food and Chemical Toxicology (FCT) qui a publié ces travaux, le nombre de rats soumis à l'étude était insuffisant pour tirer des conclusions.

"Cette rétractation survient après des analyses longues et complètes de l'article publié et des données qu'il mentionne, effectuées en parallèle d'une enquête sur l'évaluation par les pairs de cet article", dit-il dans un communiqué.

"En fin de compte, les résultats présentés, qui ne sont pas inexacts, ne sont pas concluants et sont par conséquent en deçà des normes de publication de Food and Chemical Toxicology", ajoute-t-il.

Le Pr Séralini, chercheur à l'université de Caen, a jugé ces critiques "inacceptables".

"Elles ont été promues par la société Monsanto dans la presse, alors qu'un de ses dirigeants Richard Goodman a pénétré au bureau de FCT au poste chargé de l'édition des recherches sur les biotechnologies, après parution de notre étude", dit-il dans un communiqué du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen).

"Ce retrait ne serait pas autorisé par les normes éthiques internationales auxquelles adhère la revue (nommées COPE), puisqu'il y a ni erreur ni fraude. Par contre, la courte étude de Monsanto publiée dans la même revue pour prouver l'innocuité de leur produit comporte erreurs ou fraudes, et ne fait pas l'objet d'une controverse", ajoute-t-il, menaçant FCT de poursuites si elle ne renonce pas à sa décision.

Dans les semaines qui ont suivi la sortie de la revue, 700 scientifiques avaient signé une pétition demandant au Pr Séralini de communiquer tous ses résultats.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a par ailleurs jugé en novembre 2012 que les conclusions de l'étude ne pouvaient être considérées comme "scientifiquement fondées en raison des lacunes constatées dans la conception, le système de rapports des données et l'analyse de l'étude telles que décrites dans l'article".

Kate Kelland, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M2606534 le vendredi 29 nov 2013 à 18:27

    Silence ! On crève lentement...