L'Ethiopie dit que les troubles sont attisés de l'étranger

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    ADDIS-ABEBA, 10 octobre (Reuters) - Le gouvernement 
éthiopien a fait porter lundi la responsabilité des troubles qui 
secouent le pays sur des "éléments" venus de deux pays voisins, 
l'Erythrée et l'Egypte. 
    Au lendemain de la proclamation de l'état d'urgence pour une 
durée de six mois, le porte-parole du gouvernement a déclaré que 
"certains pays sont directement impliqués et fournissent armes, 
argent et entraînement" aux "bandes armées" responsables 
d'attaques contre des biens de l'Etat. 
    Le porte-parole, Getachew Reda, a nommément cité l'Erythrée, 
qui entretient de longue date un différend territorial avec 
l'Ethiopie, et l'Egypte avec qui Addis-Abeba est en conflit 
concernant le partage des eaux du Nil. 
    Il n'a pas toutefois mis en cause directement les autorités 
du Caire. "Il existe de nombreux éléments dans la classe 
politique égyptienne qui peuvent avoir ou pas des liens directs 
avec le gouvernement égyptien", a-t-il dit.  
    L'Egypte a déjà fait savoir qu'elle n'avait aucun rôle dans 
les troubles en Ethiopie. L'Erythrée affirme la même chose.     
    Des projets d'expropriation de terres sont sources de vives 
tensions depuis des mois dans le centre du pays, en particulier 
dans les régions d'Oromia et d'Ambara. 
    Des organisations de défense des droits de l'homme disent 
que les troubles ont fait au moins 500 morts, un bilan que le 
gouvernement considère exagéré. 
    Les protestataires s'en sont pris notamment à des usines 
appartenant pour la plupart à des compagnies étrangères. Une 
douzaine d'entre elles ont été endommagées, notamment deux 
entreprises de textile d'une compagnie turque.  
    Le Premier ministre, Haïlemariam Desalegn, a déclaré 
dimanche, en annonçant l'état d'urgence, que la stabilité de la 
nation était en jeu. "Des biens d'infrastructure vitaux, des 
entreprises, des établissements scolaires et de santé, des 
bâtiments gouvernementaux, des tribunaux ont été détruits, 
a-t-il dit. 
    L'état d'urgence, a-t-il précisé, ne prévoit pas pour 
l'heure de couvre-feu mais pareille mesure n'est pas exclue. 
Tout contrevenant s'exposera à une peine de prison de cinq ans.  
    Le Congrès fédéraliste Oromo, l'une des forces d'opposition, 
s'est dit inquiet de l'évolution de la situation, en particulier 
du rôle des forces de l'ordre dans le cadre de l'état d'urgence. 
    "Il s'agit de manifestants pacifiques, qui ont justement 
demandé le retrait des soldats. Une telle situation pourrait 
aggraver les choses", a déclaré le vice-président de cette 
formation politique, Mulatu Gemechu. 
 
 (Aaron Maasho, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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