L'Etat se prépare à s'alléger au capital d'ADP

le
0
L'ÉTAT VA VENDRE UNE PARTIE DE SA PARTICIPATION DANS ADP
L'ÉTAT VA VENDRE UNE PARTIE DE SA PARTICIPATION DANS ADP

par Matthias Blamont, Matthieu Protard et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - L'Etat français se prépare à céder une fraction de sa participation au capital d'Aéroports de Paris, poursuivant son objectif de se donner des marges de manoeuvre financières pour investir dans les entreprises.

L'Etat, qui contrôle 60% d'ADP, envisage ainsi de vendre jusqu'à 10% du capital de l'exploitant des aéroports de Roissy et d'Orly. Au cours actuel de l'action, l'opération pourrait lui rapporter près de 700 millions d'euros.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a annoncé jeudi dans un communiqué avoir demandé à l'Agence des participations de l'Etat (APE) de préparer cette cession auprès de plusieurs investisseurs de long terme "dans le cadre d'une procédure hors marché (...) et de proposer au Fonds stratégique d'investissement (FSI) de s'y associer".

Actuellement, l'APE et le FSI détiennent respectivement 54,5% et 5,6% du capital d'ADP.

Pierre Moscovici a précisé que l'Etat resterait majoritaire au capital d'ADP. En restant au dessus du seuil de 50%, le gouvernement n'a pas du coup besoin de passer par le Parlement.

"Il est important de pouvoir faire tourner les participations pour dégager de nouvelles marges de manoeuvre qui permettront à BPI France Investissement de pouvoir investir plus demain dans des entreprises de croissance", a dit à Reuters une source proche du FSI.

Une source proche du dossier a de son côté déclaré que l'Etat, qui s'est fixé pour objectif de boucler ce désengagement dans les prochaines "semaines", privilégierait les propositions de fonds souverains, de fonds de pension et d'investisseurs institutionnels français.

Le groupe de BTP et de concessions Vinci, qui détient 3,3% d'ADP et cherche à se renforcer dans le secteur aéroportuaire, a refusé de faire un commentaire.

En Bourse, le titre ADP a clôturé à 69,18 euros (+0,25%), faisant ressortir la capitalisation du groupe à 6,846 milliards d'euros. Depuis le 1er janvier, l'action progresse de 18,5% après un gain de 10% en 2012.

WHO'S NEXT

"ADP n'a pas, selon nous, vocation à rester aux mains de l'Etat, particulièrement dans le contexte actuel de tensions budgétaires accrues, qui pourrait pousser le gouvernement à vendre ce type d'actifs", soulignent les analystes de Natixis dans une note de recherche.

"Autour de 70 euros, cela ne semble pas un mauvais prix de sortie", souligne pour sa part Eric Lemarié, chez Aurel BGC.

Début mai, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait déclaré que l'Etat envisageait de réduire ses participations dans plusieurs entreprises pour financer des investissements, par exemple dans la construction des réseaux internet à très haut débit.

Des experts indiquaient récemment qu'EDF et GDF Suez pourraient également être bientôt concernés par des cessions de participations publiques. Le groupe d'électronique de défense Thales, le motoriste aéronautique Safran ou encore France Télécom-Orange sont également présentés comme des cibles potentielles.

La valeur des participations directes de l'Etat dans des sociétés cotées s'élève actuellement à environ 62,5 milliards d'euros.

Fin avril, l'Etat a cédé 17,6 millions d'actions EADS, représentant près de 2,1% du capital du groupe d'aérospatiale et de défense, pour 707 millions d'euros. Un mois auparavant, il avait vendu une participation de 3,12% dans Safran pour un montant de 448,5 millions.

L'Etat est conseillé par Credit Suisse tandis que le FSI est conseillé par Citi.

Edité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant