L'Etat se constituera partie civile dans l'affaire Tapie

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L'ÉTAT VA SE PORTER PARTIE CIVILE DANS L'AFFAIRE TAPIE
L'ÉTAT VA SE PORTER PARTIE CIVILE DANS L'AFFAIRE TAPIE

PARIS (Reuters) - L'Etat français va se constituer partie civile dans le volet non ministériel de l'affaire concernant l'arbitrage favorable à l'homme d'affaires Bernard Tapie, a-t-on appris mercredi.

François Hollande avait implicitement annoncé avoir donné cet ordre mardi, lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol. L'Etat "va se porter partie civile dans les meilleurs délais", dit-on au ministère de l'Economie.

Trois juges du pôle financier parisien conduisent depuis septembre 2012 une information judiciaire pour usage abusif de pouvoirs sociaux, recel de ce délit, détournement de fonds publics et faux sur l'arbitrage privé rendu en 2008 en faveur de l'homme d'affaires.

Ce dossier a pris un tour nouveau en début de semaine avec le placement en garde à vue de l'avocat de Bernard Tapie, relâché depuis, et d'un juge du tribunal arbitral qui lui a octroyé 403 millions d'euros.

L'homme d'affaires s'estimait floué par le Crédit Lyonnais, qui a revendu l'équipementier sportif Adidas, auparavant propriété de Bernard Tapie, avec une importante plus-value.

Les services du Premier ministre ont dit que Jean-Marc Ayrault avait demandé à Pierre Moscovici de préparer la constitution de parties civiles pour le Consortium de réalisation (CDR), qui a été chargé de liquider les actifs pourris du Crédit Lyonnais, de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), qui assurait la tutelle du CDR, et de l'Etat.

Se constituer partie civile permettra à l'Etat d'avoir accès au dossier judiciaire et donc de voir s'il y a matière à introduire un recours contre l'arbitrage rendu.

"INFINIE RECONNAISSANCE"

Ces actes interviennent après l'audition, jeudi et vendredi derniers par la Cour de justice de la République (CJR), de l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait choisi de solder par un arbitrage le litige judiciaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais.

La directrice général du Fonds monétaire international (FMI) a été placée sous le statut de témoin assisté.

Le PDG de France Télécom, Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde au moment des faits, est "appelé à témoigner" devant la brigade financière le 10 juin.

La garde à vue de l'avocat Me Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie, a été levée dans la nuit de mardi à mercredi.

Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal privé qui a soldé le litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais, est en garde à vue depuis lundi matin.

Agé de 86 ans, il était entendu dans le cadre de l'Hôtel Dieu, hôpital du centre de Paris, dans la salle Cusco destinée à l'hospitalisation des "personnes sous main de justice".

Les enquêteurs soupçonnent le magistrat à la retraite de liens professionnels anciens avec Me Lantourne.

Lors d'une perquisition le 14 mai au domicile de Pierre Estoup, les policiers auraient saisi un livre dédicacé par Bernard Tapie le 10 juin 1998, selon L'Express.fr. L'homme d'affaires y louerait le "courage" du "président Estoup" et l'assurerait de son "infinie reconnaissance" et de son "affection".

"Je suis heureux de voir que la justice commence à se poser des questions sérieuses sur un arbitrage dont j'ai toujours dit qu'il était premièrement illégal, et deuxièmement, à mes yeux, le résultat d'une gigantesque manipulation", a dit mercredi Jean Peyrelevade, qui dirigea le Crédit Lyonnais de 1993 à 2003.

"L'Etat d'aujourd'hui doit essayer de compenser les fautes de l'Etat d'hier", a-t-il dit sur Europe 1.

S'agissant du rôle de Christine Lagarde, il juge qu'"elle a transmis des instructions venant d'au-dessus, de Nicolas Sarkozy lui-même".

Jean-Baptiste Vey, avec Chine Labbé, Julien Ponthus et Nicolas Bertin, édité par Yves Clarisse et Gilles Trequesser

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  • serjik le mercredi 29 mai 2013 à 15:41

    s'agissant d'une dédicace n'est pas la preuve d'amitié.allez faire un tour au salon de livre, vous pouvez sans probleme obtenir des dédicace contre l'achat d'un livre.

  • serjik le mercredi 29 mai 2013 à 15:40

    quel mascarade politique!!!meme quand on a perdu on a raison apres!ou est la democracie? l'etat fini toujours d'avoir raison meme s'il n'a pas raison. tapie est victime dans cette affaire a 100% politique, on a tué mais pas enterré.

  • serjik le mercredi 29 mai 2013 à 14:22

    quel mascarade politique!!!meme quand on a perdu on a raison apres!ou est la democracie? l'etat fini toujours d'avoir raison meme s'il n'a pas raison. tapie est victime dans cette affaire a 100% politique, on a tué mais pas enterré.

  • leo33333 le mercredi 29 mai 2013 à 13:36

    au moins l'information sert à faire oublier la situation catastrophique de l'emploi et du moral des Français! voila la manière de gouverner de flambi

  • M4896128 le mercredi 29 mai 2013 à 11:18

    La SDBO, devenue filiale de la banque nationalisée Crédit Lyonnais et liquidée depuis, portait des opérations lucratives mais pas forcément très présentables dans les comptes d'une banque nationale. Elle a gagné beaucoup d'argent avec le groupe Tapie. Le CDR, qui devait minimiser au maximum les pertes du CL a ramassé Adidas pour une poignée de cerises et l'a revendue à son prix. Tapie s'est défendu. Son tord est d'avoir (momentanément)gêné le PS à Marseille avec les Radicaux de Gauche.

  • M3435004 le mercredi 29 mai 2013 à 11:12

    Monsieur Peyrelevade ferait mieux de se faire tout petit. Et les socialistes de faire bien attention parce que toutes les affaires du Credit Lyonnais pourraient revenir leur péter à la g....

  • M3435004 le mercredi 29 mai 2013 à 11:10

    L'incendie du siège du Crédit lyonnais, boulevard des Italiens, à Paris, le 5 mai 1996, était "d'origine volontaire". Telle est la conclusion des experts judiciaires Jean Quinchon et Jean-Paul Sailly, dans un rapport inédit daté du 31 décembre 1997 et remis dans les premiers jours de janvier à la juge Martine Bernard, chargée d'éclaircir les causes de ce sinistre historique.

  • M3435004 le mercredi 29 mai 2013 à 11:07

    Peyrelavade ignore TOUTES LES PROCEDURES et TOUS LES JUGEMENTS rendus par les tribunaux de commerce d'appel par les tribunaux administratifs et même la Cour de Cassation qui ont reconnu que TAPIE avait été VOLE. Et que le voleur, c'est la banque qu'il présidait.

  • M3435004 le mercredi 29 mai 2013 à 11:05

    Quand il dit "Je suis heureux de voir que la justice commence à se poser des questions sérieuses sur un arbitrage dont j'ai toujours dit qu'il était premièrement illégal, et deuxièmement, à mes yeux, le résultat d'une gigantesque manipulation", Il se fout du monde d'une façon pas seulement gigantesque mais KOLOSSALLE !

  • M3435004 le mercredi 29 mai 2013 à 11:03

    Quand Peyrlevade dit "L'Etat d'aujourd'hui doit essayer de compenser les fautes de l'Etat d'hier", il veut certainement parler des fautes de l'Etat socialiste mitterrandien.