L'Etat prend son temps pour décider du sort d'Areva

le , mis à jour à 17:39
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LA DÉCISION SUR LA RESTRUCTURATION D'AREVA N'INTERVIENDRA PAS AVANT JUILLET
LA DÉCISION SUR LA RESTRUCTURATION D'AREVA N'INTERVIENDRA PAS AVANT JUILLET

PARIS (Reuters) - L'Etat ne prendra de décision définitive sur la restructuration d'Areva qu'en juillet, a déclaré vendredi aux syndicats du groupe le ministre de l'Economie.

"Nous n'avons pas aujourd'hui de réponse établie a priori (...) Le gouvernement n'a pas arrêté une option", a expliqué Emmanuel Macron à des journalistes après la rencontre.

Une réunion prévue le 3 juin autour du chef de l'Etat, François Hollande, "sera un moment important pour déterminer les grands axes stratégiques", a-t-il ajouté.

Mais les syndicats du groupe nucléaire ont retiré de leurs discussions avec le gouvernement le sentiment que rien de définitif ne serait annoncé à cette occasion concernant le sort de leur entreprise, en grave difficulté financière.

"C'est un échange fructueux (...) mais on n'a rien réglé", a déclaré Jean-Pierre Bachmann, de la CFDT. "La réponse n'arrivera qu'au mois de juillet."

D'autres représentants syndicaux ont confirmé qu'Emmanuel Macron leur avait dit que l'Etat n'avait toujours pas pris de décision quant à un éventuel rapprochement avec EDF.

"Il attend des propositions de la part des industriels mais la position du gouvernement n'est pas arrêtée", a dit l'un d'eux à Reuters.

Selon ces représentants, Emmanuel Macron a précisé que la décision serait arrêtée lors d'une réunion du Conseil supérieur de la filière nucléaire, qui doit se réunir à la mi-juillet.

Deux grands scénarios sont sur la table : la reprise totale ou partielle de l'activité réacteurs d'Areva par EDF ou la création d'une coentreprise avec l'électricien pour les seules activités ingénierie du groupe.

EDF a confirmé mardi son intention de racheter l'activité réacteurs nucléaires mais cette solution, à laquelle sont opposés les syndicats, butte sur la valorisation de cette activité et les réticences de la direction d'Areva.

"La transaction ne peut se faire qu'à un prix de marché. Et elle doit prévoir des garanties pour qu'EDF ne soit pas exposé aux risques liés au passé d'Areva, notamment en Finlande. Ma responsabilité est que l'intérêt social d'EDF soit respecté", a déclaré au Figaro le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé à ses interlocuteurs qu'un schéma de recapitalisation d'Areva était à l'étude mais probablement pour après la réorganisation du groupe, selon les mêmes sources syndicales.

(Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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