L'Etat prend en charge le camp de migrants de Grande-Synthe

le
0
L'ÉTAT PREND EN CHARGE LE CAMP DE MIGRANTS DE GRANDE-SYNTHE
L'ÉTAT PREND EN CHARGE LE CAMP DE MIGRANTS DE GRANDE-SYNTHE

par Pierre Savary

GRANDE-SYNTHE, Nord (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé lundi que l’Etat allait financer le fonctionnement du camp de migrants de Grande-Synthe, qui avait pourtant été installé contre sa volonté par la ville et Médecins sans frontières.

"Je me suis rendu compte que le projet était ici sérieux, solide" a-t-il dit dans le camp. "Nous venons pour dire que nous financerons, nous venons pour faire ensemble, nous n’avons pas vocation à maintenir à l’infini des camps mais sans ces camps, il manquerait un élément dans la chaîne".

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a annoncé à ses côtés que l'Etat investirait 3,9 millions d'euros avant de signer une convention tripartite avec la ville de Grande-Synthe et une association de lutte contre l’exclusion, l’Afeji.

Cette convention prévoit la scolarisation des enfants de migrants, un accompagnement sur la durée et un accès aux soins.

Cette annonce confirme un changement de stratégie de la part de l’Etat sur ce camp où les conditions étaient encore pires qu'à Calais, à quelques dizaines de kilomètres de distance.

Dans un premier temps, il avait tenté de s’opposer à la construction du camp en bois de la Linière et entamé un bras de fer avec la ville en la mettant en demeure d’améliorer les conditions de sécurité sous peine d’interdire son ouverture.

La volonté réaffirmée plusieurs fois était de ne pas créer un camp pérenne, pouvant participer à un effet "appel d’air".

700 MIGRANTS

Faute de pouvoir l’interdire, l’Etat a reconsidéré sa position et décidé de l’encadrer, de participer à son financement et de prévoir à un terme non défini sa fermeture.

"L’objectif est de le fermer à terme, de trouver des solutions pour les migrants comme cela a été le cas à Calais", explique la préfecture.

Le camp de la Linière est une initiative commune de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) et du maire de Grande-Synthe, l’écologiste Damien Carême.

Environ 1.300 migrants, essentiellement des Kurdes irakiens, y ont été installés début mars. Avant sa construction, ils étaient regroupés dans une zone boueuse, insalubre, dite du "Basroc", à quelques kilomètres de là.

Devant ce constat, MSF et la ville ont décidé la construction d’un camp aux normes humanitaires internationales et d’investir environ trois millions d’euros dans l’opération, prise en charge par MSF à 75% et la ville à 25%.

Au dernier comptage, il y a une semaine, un peu plus de 700 migrants étaient présents dans le camp.

Bernard Cazeneuve s’est aussi félicité de la réussite de la lutte contre les passeurs. L'an dernier, 251 filières ont été démantelées en France, 25% de plus qu’en 2014. "Et en 2016, sur les cinq premiers mois, 116 nouvelles filières ont été démantelées, là aussi en hausse de 25%", a-t-il dit.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant