L'Etat ouvert à une prolongation du parc nucléaire

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LE GOUVERNEMENT OUVERT À UN PROLONGEMENT DE LA DURÉE DE VIE DU PARC NUCLÉAIRE
LE GOUVERNEMENT OUVERT À UN PROLONGEMENT DE LA DURÉE DE VIE DU PARC NUCLÉAIRE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a acté que la durée de vie d'une partie au moins du parc nucléaire français pourrait être prolongée au-delà de quarante ans et ouvre la voie à un allongement de la durée d'amortissement des centrales, rapporte vendredi Les Echos.

Selon une lettre de mission envoyée en janvier au PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy, citée par le quotidien, l'exécutif indique que le projet industriel du groupe reposera sur une mise en oeuvre "progressive" du programme d'investissement dit "de grand carénage", "en adaptant en conséquence la durée d'amortissement du parc électronucléaire".

Jean-Bernard Lévy a déclaré en début d'année que le groupe était confiant dans sa capacité à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises de 40 à 50 ans, voire 60 ans, et a confirmé que le programme d'investissement dans le parc français devrait atteindre 55 milliards d'euros d'ici à 2025.

L'enjeu financier est considérable pour le groupe dans la mesure où un amortissement de ses centrales françaises sur une durée plus longue que 40 ans aurait mécaniquement pour effet d'améliorer ses comptes.

Toujours selon Les Echos, l'Etat demande aussi à EDF d'assurer "une maîtrise renforcée des coûts de production, de commercialisation et de gestion", mais ne se prononce pas sur la question des tarifs.

EDF a redit en février son souhait d'obtenir en France des hausses de tarifs lui permettant de couvrir ses coûts et d'investir.

L'électricien public, dont l'Etat détient 84,5% du capital, a dans le même temps annoncé des mesures d'économies devant lui permettre d'atteindre son objectif de générer un flux de trésorerie (cash-flow) positif en 2018 après dividendes (hors projet Linky).

L'Etat, selon la lettre citée par Les Echos, veut en outre qu'EDF veille à "maintenir une rémunération appropriée de [ses] actionnaires" tout en soulignant la nécessaire maîtrise de l'endettement financier du groupe.

EDF se doit aussi d'améliorer les performances de ses 58 réacteurs, dont la disponibilité avait atteint un point bas en 2013 avant de se redresser l'an dernier.

Le ministère de l'Economie et des Finances n'a pas commenté ces informations dans l'immédiat tandis que personne n'était disponible au ministère de l'Energie. EDF n'a de son côté pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

La dernière décision d'EDF d'allonger la durée d'amortissement de ses centrales nucléaires en France, pour la porter de 30 à 40 ans, date de 2003.

(Benjamin Mallet, avec Ingrid Melander, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • M8252219 le vendredi 20 mar 2015 à 12:09

    Les écologistes vont être contents!!!!

  • bd231149 le vendredi 20 mar 2015 à 11:56

    Et hop dans le baba des eco sans logique

  • hbaudry1 le vendredi 20 mar 2015 à 11:54

    Serait-ce que quelqu'un commence enfin à réfléchir au gouvernement ??? Sinon astucieux car ils ont réussi à se faire élire sur un mensonge !!!

  • ppsoft le vendredi 20 mar 2015 à 11:45

    @gacher : qu'importe qu'ils paient ou pas ; quand le mal est fait, il est fait. Aucun budget ne peut permettre désormais d'effacer Mayak, Tchernobyl, ou Fukushima. Ni même de garantir le démantèlement de nos centrales. Il est affligeant de constater que la logique comptable à court-terme prime sur l'humain et l'avenir durable. Comme d'habitude.

  • clausfer le vendredi 20 mar 2015 à 11:41

    Bref l’État veut le beurre, l'argent du beurre, une partie de la crémière. Attention la disjonction n'est pas loin!

  • cbremaud le vendredi 20 mar 2015 à 11:41

    L'Etat demande à EDF de maitriser ses couts de production, de commercialisation et de gestion, bref de faire comme une véritable entrepriseOn se demande pourquoi on y a pas pensé plus totIl semble que l'on commence à devenir intelligent

  • gacher le vendredi 20 mar 2015 à 11:39

    on fait durer, en sachant pertinemment que l'on va prendre des risques conséquent en raison de la fatigue du métal et parce qu’ils n'ont pas les budgets du démantèlement. Le jour ou on aura un tchernobyl, on nous expliquera que ce n'était pas anticipé et que c'est un accident, ce jour là il faudra bien penser à leur faire payer à tous politiques et dirigeants sans chercher les seuls responsables qui eux se cache derrière des lampistes. ils sont tous coupables.

  • oisif le vendredi 20 mar 2015 à 11:26

    Le retournement de la courbe du début de l'accélération de la fin des fermetures des centrales nucléaires va bientôt être effectif.