L'Etat menace l'Italie de nationaliser STX France

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    * La France donne jusqu'à jeudi à l'Italie pour se décider 
    * Fincantieri dit qu'il n'a pas besoin "à tout prix" de STX 
France 
    * Une menace de nationalisation déjà brandie au printemps 
 
 (Avec réaction italienne et contexte) 
    PARIS, 26 juillet (Reuters) - La France est prête à 
nationaliser temporairement STX France si l'Italie n'accepte pas 
un partage à 50-50 du capital des chantiers naval de 
Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a déclaré mercredi Bruno Le 
Maire.    
    "Les Italiens ont jusqu'à jeudi pour se décider sur le 
sujet", a dit le ministre de l'Economie et des Finances sur 
franceinfo. 
    "Si jamais nos amis italiens nous disent 'cette proposition 
ne nous va pas', l'Etat français exercera son droit de 
préemption sur STX France pour que nous puissions rouvrir le 
dossier", a-t-il indiqué. 
    En Italie, l'administrateur délégué du groupe Fincantieri, 
qui souhaite conserver la majorité de STX depuis qu'il en 
racheté les deux tiers - le dernier tiers étant dans les mains 
de l'Etat français - auprès de sa maison mère sud-coréenne en 
difficulté au printemps, a réagi en déclarant qu'il n'avait pas 
un "besoin à tout prix" des chantiers de Saint-Nazaire. 
    "Nous sommes Européens et, sur STX (France), nous ne pouvons 
accepter d'être moins bien traités que des Coréens", a dit 
l'administrateur délégué du groupe Giuseppe Bono lors d'une 
conférence téléphonique.   
    Une source proche du Trésor italien avait rejeté mardi soir 
la proposition française d'un partage à 50-50 des chantiers de 
Saint-Nazaire, déclarant : "La ligne rouge c'est, au minimum, 
une participation légèrement majoritaire et un contrôle du 
conseil."   
     
    SITE STRATEGIQUE 
    La France dispose jusqu'à vendredi d'un droit se préemption 
sur la totalité du capital. Elle avait déjà brandi la menace 
d'une nationalisation temporaire lors des discussions qui ont 
abouti en avril à un accord prévoyant le rachat de 55% STX 
France de Saint-Nazaire par le groupe public italien Fincantieri 
(pour 48%) associé à une fondation transalpine (7%). 
  
    "L'accord négocié par le précédent gouvernement ne nous 
satisfait pas", a souligné Bruno Le Maire, se faisant l'écho des 
propos tenus fin mai par Emmanuel Macron  . 
    "Nous ne voulons prendre aucun risque (...) dans un site 
industriel aussi stratégique de Saint-Nazaire", spécialisé dans 
la construction de paquebots mais aussi de très grandes coques 
comme celle d'un porte-avions, a-t-il encore dit. "Parce que 
c'est un site stratégique, nous refuserons de laisser une 
majorité à un investisseur étranger". 
     Les dernières propositions françaises, dévoilées mardi par 
le ministre de l'Economie, laisseraient à Fincantieri 50% du 
capital, le reste étant détenu par des intérêts publics français 
(l'Etat, Naval Group, bpifrance) et le personnel. 
    Paris y a ajouté une offre de coopération renforcée entre la 
France et l'Italie dans le naval militaire.  
    Pour Bruno Le Maire, qui a évoqué un montant de "dizaines de 
millions d'euros" nécessaire à l'opération, une nationalisation 
temporaire permettrait de donner du temps "pour renégocier un 
nouveau pacte d'actionnaires dans des conditions très sereines". 
    Ce bras de fer intervient au moment où l'Italie est 
confrontée depuis quelques années à une série d'acquisitions 
visant plusieurs de ses fleurons, souvent à l'initiative de 
groupes français, parfois de manière amicale, comme la fusion 
Luxotticca-Essilor, parfois hostiles, comme la montée au capital 
de Mediaset du groupe Vivendi, par ailleurs premier actionnaire 
de Telecom Italia.    
 
 (Yann Le Guernigou, avec Elisa Anzolin à Milan édité par Yves 
Clarisse) 
 

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