L'État lorgne les 21 milliards des libéraux

le
27
La réforme des retraites place sous quasi-tutelle leurs caisses complémentaires dotées de très fortes réserves.

«Modernisation» pour les uns, «étatisation» pour les autres. L'État compte profiter de la réforme des retraites pour mettre la main sur les très indépendantes et bénéficiaires caisses de pension des professions libérales. Un choc pour les intéressés qui ont appris la nouvelle au moment de la publication du projet de loi, ce jeudi.

Principale mesure qui les fait bondir? L'exécutif nommera par décret le directeur de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse des professions libérale (CNAVPL) qui verse la retraite de base des libéraux. Un DG auparavant élu par le conseil d'administration. Quant aux dix sections professionnelles (médecins, agents d'assurance, vétérinaires, etc.) qui gèrent les retraites complémentaires, elles seront étroitement contrôlées par la CNAVPL. Une mise sous tutelle effectuée pour remettre de l'ordre et «rationaliser» le système, se défend l'entourage de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales.

10 à 11 ans de prestations

Certes, certaines caisses ont pu être mal gérées, comme celle des médecins, reconnaissent les Libéraux qui s'étonnent de la sévérité de la décision. «Ils utilisent l'arme atomique alors qu'une tapette à mouche aurait suffi», fustige Michel Chassang, président de l'Union nationale des professions libérales (UNAPL). Et le médecin de s'interroger, de façon faussement ingénue, «sur la finalité d'une telle démarche». Les libéraux soupçonnent en fait le gouvernement de lorgner les 21 milliards de réserves des dix caisses, l'équivalent de 10 à 11 ans de prestations et aussi du besoin de financement total du système des retraites en 2020. «Cette somme est le fruit des sacrifices consentis depuis 30 ans par les libéraux en prévision du papy-boom», se défend la CNAVPL. Au titre des efforts fournis, les libéraux doivent cotiser jusqu'à 65 ans pour partir avec une pension complémentaire sans décote. Près de quatre ans de plus (à date d'aujourd'hui) que les salariés du privé. Selon nos informations, la Cour des comptes se serait récemment intéressée de près à ces réserves en vue de les mutualiser.

Le siphonnage des trésors cachés des caisses, où qu'ils se trouvent, est un sport très pratiqué au sein de l'État en période de disette budgétaire. Et les libéraux ont peur d'être une future proie. Première étape, l'État pourrait mettre la CNAVPL en difficulté financière en accentuant les ponctions dont elle fait déjà l'objet au titre de la «compensation interrégimes» pour financer les caisses en fort déficit démographique (agriculteurs, artisans...). La deuxième étape consisterait à renflouer ladite caisse en branchant un tuyau sur les réserves des caisses complémentaires.

La priorité, pour les libéraux, est donc aujourd'hui de sécuriser dans la loi l'utilisation de leurs réserves afin, explique-t-on à la CNAVPL, «qu'elles ne puissent profiter qu'à ceux qui les ont patiemment constituées». Bref, que la fourmi ne se fasse pas vider les poches par la cigale.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • salanon1 le lundi 16 sept 2013 à 18:36

    Il n'y à pas que les excros qui détournent des fonds, les gouvernements français et surtout socialistes sont maîtres la dedans, et pas de prison en plus!

  • mcarre1 le jeudi 12 sept 2013 à 10:29

    Et vous avez vu? Les mutuelles à peine rendues obligatoires pour tous les salariés, ils décident de soumettre les cotisations à l'impôt sur le revenu!Après ils s'étonneront de la reprise du travail au noir. Incapables de réduire les dépenses ils augmentent même les dépenses sociales des assistés-parasites. Tout ça pour forcer la consommation (on consomme plus à 67 millions qu'à 60). Au final ce sont les grands groupes qui profitent, ceux qui tirent les ficelles, que le gvt soit PS ou UMP.

  • DonCorly le mardi 10 sept 2013 à 21:03

    Les ponctionnaires ne reculent devant aucune bassesse pour se renflouer après avoir dépenser tout leur argent et une partie de celui des autres.

  • guyguy19 le lundi 9 sept 2013 à 09:30

    respic a bien raison,seule solution:de l'or acheté en cachette,par ex en Belgique

  • r.espic le dimanche 8 sept 2013 à 18:36

    Ce n'est qu'un début. bientôt l'etat lorgnera sur vos comptes bancaires.

  • pierry5 le dimanche 8 sept 2013 à 15:42

    Ca c'est rien, d'ailleurs dans certains autres pays on a déjà fait main basse sur les caisses, d'allocs, de pensions etc. C'est pas nouveau. mais quand tout cela sera bien dépensé, on fera la razzia sur les comptes bancaires ou les caisses d'épargne comme à Chypre.

  • pichou59 le dimanche 8 sept 2013 à 09:55

    ils sont fort ses socialos, ils ont la mémoire courte : L'affaire de la MNEF est une affaire d'enrichissement personnel et d'emplois fictifs dans les années 1990, impliquant notamment des personnalités liées au Parti socialiste (PS), et plusieurs issues du courant trotskyste lambertiste - cambadélis......

  • j.barbe6 le dimanche 8 sept 2013 à 08:17

    Salariés du privé unissez vous face au gouvernement PS/fonctionnaires.

  • M5368513 le dimanche 8 sept 2013 à 06:57

    Le jour où ma retraite d'un centime, j'émigre définitivement. Au moins, ils n'auront pas ma TVA !

  • M7472687 le samedi 7 sept 2013 à 23:04

    Il faut signaler que la sécu finance une partie de l'asv des médecins du secteur 1 , en échange d'application du tarif sécu , qui est peu élévé . Les médecins du secteur libre paient tout.