L'Etat islamique se renforce en Libye-Emissaire de l'Onu

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    PARIS, 29 mai (Reuters) - L'Etat islamique (EI) profite du 
chaos en Libye et de la lenteur de la mise en place du 
gouvernement d'union nationale de Fayez el Seraj pour renforcer 
ses positions dans ce pays, déclare l'émissaire spécial de l'Onu 
Martin Kobler dans une interview publiée par le Journal du 
Dimanche. 
    "L'Etat islamique, lui, se soucie peu de l'accord national 
libyen et se propage. Et pourtant, il y a un an encore, l'EI, ce 
n'était rien en Libye !" explique-t-il. 
    Selon Martin Kobler, l'EI dispose aujourd'hui de 2.000 à 
3.000 combattants dans la région de Syrte et d'environ 2.000 
dans le reste du pays.  
    "Ils s'enfoncent vers le sud, à la limite du Niger et du 
Tchad", précise ce diplomate allemand. 
    "Manifestement, ils veulent s'attaquer au pétrole. Ils ne 
cherchent pas à contrôler la production mais plutôt à conduire 
le pays vers un désastre économique." 
    "Nos experts nous disent que les combattants de Libye sont 
beaucoup plus professionnels qu'il y a un an. Et 70% d'entre eux 
sont étrangers : Tunisiens, Algériens, Irakiens, Syriens, 
Marocains", ajoute-t-il. "Ce n'est pas un hasard si l'Algérie 
comme la Tunisie ont arrêté leurs vols pour Tripoli." 
    Une intervention militaire internationale n'est cependant 
pas à l'ordre du jour. 
    "Si c'est le gouvernement libyen qui la demande, dans ce 
cas, ce ne serait pas une intervention mais une assistance", 
explique Martin Kobler, selon qui Fayez el Seraj a envoyé en 
début de semaine une lettre en ce sens à l'Union européenne, 
notamment pour demander de l'aide pour former l'armée. 
    Selon les diplomates, les djihadistes de l'EI tirent leurs 
ressources de taxes prélevées à Syrte, sur les personnes 
déplacées, et de la "traite humaine".  
    "Les milices kidnappent et vendent leurs otages à Daech. 
C'est le même système qu'en Irak", dit-il. "Quant aux armes, 
elles arrivent par la mer, le Soudan, les routes traditionnelles 
de trafic. Certaines milices leur viennent aussi en aide." 
    Il soupçonne des contacts avec le mouvement djihadiste 
nigérian Boko Haram. Un soupçon alimenté par l'arrestation d'un 
Nigérian lors du démantèlement d'une cellule djihadiste la 
semaine passée à Tripoli, avec l'arrestation de 17 personnes. 
    "L'expansion vers le sud libyen est d'ailleurs un signe de 
cette recherche de connexions. Cela doit être arrêté 
rapidement", ajoute l'envoyé de l'Onu. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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