L'Etat islamique se renforce en Libye, dit l'émissaire de l'Onu

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L'ÉMISSAIRE DE L'ONU MET EN GARDE SUR L'EI EN LIBYE
L'ÉMISSAIRE DE L'ONU MET EN GARDE SUR L'EI EN LIBYE

PARIS (Reuters) - L'Etat islamique (EI) profite du chaos en Libye et de la lenteur de la mise en place du gouvernement d'union nationale de Fayez el Seraj pour renforcer ses positions dans ce pays, déclare l'émissaire spécial de l'Onu Martin Kobler dans une interview publiée par le Journal du Dimanche.

"L’Etat islamique, lui, se soucie peu de l’accord national libyen et se propage. Et pourtant, il y a un an encore, l’EI, ce n’était rien en Libye !" explique-t-il.

Selon Martin Kobler, l'EI dispose aujourd'hui de 2.000 à 3.000 combattants dans la région de Syrte et d'environ 2.000 dans le reste du pays.

"Ils s’enfoncent vers le sud, à la limite du Niger et du Tchad", précise ce diplomate allemand.

"Manifestement, ils veulent s’attaquer au pétrole. Ils ne cherchent pas à contrôler la production mais plutôt à conduire le pays vers un désastre économique."

"Nos experts nous disent que les combattants de Libye sont beaucoup plus professionnels qu’il y a un an. Et 70% d’entre eux sont étrangers : Tunisiens, Algériens, Irakiens, Syriens, Marocains", ajoute-t-il. "Ce n’est pas un hasard si l’Algérie comme la Tunisie ont arrêté leurs vols pour Tripoli."

Une intervention militaire internationale n'est cependant pas à l'ordre du jour.

"Si c’est le gouvernement libyen qui la demande, dans ce cas, ce ne serait pas une intervention mais une assistance", explique Martin Kobler, selon qui Fayez el Seraj a envoyé en début de semaine une lettre en ce sens à l’Union européenne, notamment pour demander de l'aide pour former l'armée.

Selon les diplomates, les djihadistes de l'EI tirent leurs ressources de taxes prélevées à Syrte, sur les personnes déplacées, et de la "traite humaine".

"Les milices kidnappent et vendent leurs otages à Daech. C’est le même système qu’en Irak", dit-il. "Quant aux armes, elles arrivent par la mer, le Soudan, les routes traditionnelles de trafic. Certaines milices leur viennent aussi en aide."

Il soupçonne des contacts avec le mouvement djihadiste nigérian Boko Haram. Un soupçon alimenté par l'arrestation d'un Nigérian lors du démantèlement d'une cellule djihadiste la semaine passée à Tripoli, avec l'arrestation de 17 personnes.

"L’expansion vers le sud libyen est d’ailleurs un signe de cette recherche de connexions. Cela doit être arrêté rapidement", ajoute l'envoyé de l'Onu.

(Emmanuel Jarry)

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