L'Etat islamique revendique une série d'attentats en Egypte

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(Actualisé avec précisions, Port-Saïd) par Yusri Mohamed et Ali Abdelaty et Mostafa Hashem ISMAILIA, Egypte, 30 janvier (Reuters) - La branche égyptienne de l'Etat islamique (EI) a revendiqué une série de quatre attentats qui ont fait au moins 27 morts et des dizaines de blessés jeudi dans les provinces égyptiennes du Nord-Sinaï et de Suez, quelques jours après les commémorations de l'anniversaire du soulèvement de 2011 qui ont dégénéré. Une série de tweets du compte Twitter de la Province du Sinaï a revendiqué chacune des quatre attaques. Ansar Baït al Makdis, groupe djihadiste le plus actif en Egypte, a changé son nom en Province du Sinaï l'an dernier après avoir fait allégeance à l'Etat islamique, qui a conquis l'an dernier de vastes territoires en Syrie et en Irak. La première attaque, qui a visé des bâtiments de l'armée, a fait 25 morts et au moins 58 blessés, dont neuf civils, à Al Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, a-t-on appris de sources médicale et proche des services de sécurité égyptiens. Le journal gouvernemental Al Ahram a indiqué que ses bureaux à Al Arich, situés en face d'une base militaire et d'un hôtel (qui selon des sources proches de la sécurité étaient les cibles de l'attaque), avaient été "entièrement détruits". L'attaque d'une unité de l'armée à un point de contrôle au sud d'Al Arich a fait en outre quatre blessés. Un peu plus tard, des islamistes présumés ont attaqué un poste de contrôle de l'armée à Rafah, tuant un commandant et blessant six autres personnes. Un agent de police a été tué en outre dans l'explosion d'une bombe posée au bord d'une rue de la ville de Suez. MANIFESTATION DE FEMMES Après la revendication de ces attentats, un islamiste présumé a été tué alors qu'il tentait de déposer une bombe dans un transformateur électrique à Port-Saïd, a-t-on appris auprès des services de sécurité. L'Egypte est confrontée à une insurrection islamiste dans le Sinaï, qui a coûté la vie à plusieurs centaines de membres des forces de sécurité depuis le renversement, en juillet 2013, du président islamiste élu Mohamed Morsi La tension a monté d'un cran en Egypte cette semaine avec les manifestations, marquées pour certaines par des violences, qui ont eu lieu à l'occasion du quatrième anniversaire du soulèvement anti-Moubarak du début 2011. Jeudi en début de journée, un groupe de femmes a manifesté au Caire à la mémoire de la militante Chaïmaa Sabbagh et d'environ 25 autres personnes qui auraient été tuées par les forces de sécurité lors de leur intervention contre les manifestants. Chaïmaa Sabbagh, qui avait 32 ans, est morte samedi alors que les policiers anti-émeutes dispersaient une petite manifestation pacifique. Selon ses proches, elle a été tuée par balles, et les photos de son corps ensanglanté ont fait le tour des médias sociaux, suscitant indignation et condamnations. "Les gens du ministère de l'Intérieur sont des bandits!", ont scandé une centaine de femmes, jeudi, à l'endroit où est morte Chaïma Sabbagh. (Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français)

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