L'Etat islamique revendique l'attaque de Tunis

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(Actualisé avec camp d'entraînement en Libye, § 3-4) par Tarek Amara TUNIS, 19 mars (Reuters) - L'organisation Etat islamique a revendiqué jeudi l'attentat qui a fait 23 morts, dont 20 touristes étrangers, mercredi au musée du Bardo à Tunis pour lequel neuf personnes ont été arrêtées par la police tunisienne. Dans un enregistrement sonore, le groupe djihadiste, qui a pris pied en Libye après son essor en Irak et en Syrie, salue les deux assaillants qualifiés de "chevaliers de l'Etat islamique". Les enquêteurs cherchent encore à savoir si Yassine Labidi et Hatem al Khachnaoui, tués dans l'attaque, étaient liés à l'Etat islamique ou à Al Qaïda au Maghreb islamique. Dans la soirée, le gouvernement a déclaré qu'ils étaient tous deux passés par un camp djihadiste en Libye voisine. Le ministre de l'Intérieur, Rafik Chelli, a précisé qu'ils avaient été recrutés dans des mosquées tunisiennes et qu'ils s'étaient rendus en septembre en Libye. Interrogé sur RTL, le Premier ministre Habib Essid avait confirmé en début de matinée que les deux auteurs de l'attaque avaient été identifiés et que l'un d'eux, Yassine Labidi, était connu des services de sécurité. A Tunis, les autorités ont déclaré avoir interpellé quatre personnes directement liées à l'attaque et cinq autres ayant des liens indirects avec l'affaire. Parmi elles, figurent le père et la soeur d'un des deux assaillants, a-t-on précisé de source proche des services de sécurité. La présidence tunisienne a également annoncé le déploiement de l'armée dans les grandes villes du pays pour assurer la sécurité. Au moins deux Français ont trouvé la mort dans l'attaque et sept autres ont été blessés. Le président François Hollande a évoqué jeudi la possibilité qu'un troisième Français ait été tué dans l'attaque. "Il est possible qu'il y ait une troisième victime française mais nous n'avons pas encore confirmation", a-t-il dit à son arrivé au Conseil européen à Bruxelles. Cinq Japonais, quatre Italiens, trois tunisiens deux Colombiens, deux Espagnols, un Australien et un Polonais ont également péri. François Hollande a par ailleurs demandé à son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, de se rendre vendredi à Tunis "afin de renforcer encore la coopération avec les Tunisiens sur les questions de sécurité", a-t-on précisé à l'Elysée. La Maison blanche, qui dit ne pas être en mesure de confirmer que l'EI est bien à l'origine de cet attentat, a indiqué que la conseillère de Barack Obama sur les questions de lutte antiterroriste, Lisa Monaco, avait téléphoné à son homologue tunisien pour lui proposer l'aide des Etats-Unis. LE SECTEUR CLÉ DU TOURISME MENACÉ Quatre ans après la chute du président Zine Ben Ali lors de la "révolution du jasmin", la Tunisie, qui s'est dotée d'une nouvelle Constitution et a organisé des élections libres, fait figure d'exemple en matière de transition démocratique. Les forces de sécurité sont toutefois toujours aux prises avec une rébellion islamiste qui compte dans ses rangs le groupe Ansar al Charia, placé par Washington sur sa liste des organisations terroristes et Okba Ibn Nafaa, petite brigade de combattants affiliés à Al Qaïda opérant dans les montagnes le long de la frontière algérienne. L'attaque de mercredi semble avoir directement visé une économie tunisienne dans laquelle le tourisme compte pour 7% du produit intérieur brut. "Nous avons une saison touristique qui a déjà certains problèmes. Avec cet acte barbare, cela va encore approfondir les difficultés de certains secteurs", a dit Habib Essid. "Ce qui s'est passé hier à Tunis peut se passer à n'importe quel endroit du monde." Le gouvernement estime que les pertes pour le secteur pourraient atteindre 700 millions de dollars (657 millions d'euros) sur la saison en cours. La crainte de répercussions économiques a eu pour effet de faire reculer les indices boursiers de 2,5% à la Bourse de Tunis et deux voyagistes allemands ont déjà annoncé l'annulation pour quelques jours des excursions à Tunis proposées à leurs clients en séjour dans des stations balnéaires du pays. Accor, première chaîne hôtelière européenne, a dit avoir renforcé la sécurité dans ses deux établissements tunisiens tandis que l'italien Costa Croisières, a annoncé jeudi avoir annulé ses escales en Tunisie. (Avec Elizabeth Pineau à Bruxelles,; Pierre Sérisier, Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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