L'Etat islamique, Ebola et l'Iran au menu de l'AG de l'Onu

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par Louis Charbonneau et Michelle Nichols NATIONS UNIES, 22 septembre (Reuters) - Les dirigeants du monde entier ont rendez-vous cette semaine à New York pour l'Assemblée générale de l'Onu, dont l'ordre du jour sera dominé par la lutte contre l'Etat islamique, l'épidémie de fièvre Ebola dans l'ouest de l'Afrique et les négociations sur le programme nucléaire iranien. L'événement étalé sur cinq jours a peu de chance de donner lieu à de véritables avancées, mais, en marge des discours et des réunions formelles, les Etats-Unis ont bien l'intention d'obtenir des engagements concrets de la part de leurs alliés pour combattre les djihadistes en Irak et en Syrie. Cent-quarante chefs d'Etat et de gouvernement doivent assister au "débat général" qui s'ouvrira mercredi pour s'achever le 30 septembre, a déclaré Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu. "Le monde est confronté à de multiples crises", a-t-il souligné. "Toutes donnent lieu à des exactions à l'encontre de civils, enfants y compris. Toutes ont des dimensions religieuses, ethniques ou tribales dangereuses et beaucoup divisent la communauté internationale. "Ensemble, nous allons parler des terribles violences de Syrie et d'Irak, où les rivalités et les échecs des gouvernants ont fait le lit des mouvements extrémistes", a ajouté le secrétaire général. Barack Obama, qui doit prendre la parole mercredi, ne manquera pas l'occasion d'appeler à l'élargissement de la coalition qu'il a entrepris de rassembler pour éradiquer l'Etat islamique (EI). Elle réunit pour le moment une quarantaine de pays. En ce qui concerne l'Iran, le président des Etats-Unis n'a pas prévu de rencontrer son homologue Hassan Rohani, mais John Kerry s'est d'ores et déjà entretenu dimanche à New York avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Vendredi, devant le Conseil de sécurité de l'Onu, le secrétaire d'Etat américain a estimé que la République islamique avait un rôle à jouer dans la lutte contre les djihadistes de l'EI. A Washington comme à Téhéran, on exclut toute coopération militaire, mais, côté iranien, on se dit prêt à faire preuve de bonne volonté en échange d'une plus grande souplesse sur le dossier nucléaire. ID:nL6N0RM04B RÉUNION MARDI SUR LE CLIMAT Barack Obama doit par ailleurs présider mercredi une séance du Conseil de sécurité, ce qu'il n'a pas fait depuis 2009. Consacrée au problème des candidats au djihad, elle devrait donner lieu à l'adoption d'une résolution invitant les Etats membres de l'Onu à "prévenir et à empêcher" leurs déplacements. L'épidémie de fièvre Ebola, que le Conseil de sécurité a qualifié vendredi de "menace pour la paix et la sécurité internationales", fera également l'objet d'une réunion au sommet. Selon le bilan communiqué jeudi par l'Organisation mondiale de la santé, la maladie qui touche principalement la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone a fait 2.630 morts depuis mars. La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, qui devait prendre la parole à l'Assemblée générale de l'Onu, a finalement renoncé à se rendre à New York pour se consacrer à la crise. En ce qui concerne le dossier nucléaire iranien, Téhéran et le groupe "P5+1", qui réunit les membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie) et l'Allemagne, ont repris vendredi leurs discussions à New York et ces pourparlers vont se poursuivre en marge de l'Assemblée générale, mais il n'y a rien de concret a en attendre, dit-on de sources diplomatiques. Téhéran et les Six se sont fixés comme objectif de parvenir à un accord définitif avant le 24 novembre. Sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique, Ban Ki-moon réunira les chefs d'Etat et de gouvernement mardi, à la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale, pour préparer la conférence sur le climat qui aura lieu l'an prochain à Paris. Dans le cadre du débat général, ils se pencheront par ailleurs sur les conflits de Syrie, d'Ukraine, de Libye, du Soudan du sud, de Centrafrique, du Mali et du Proche-Orient. Ils seront en outre attentif aux interventions du président égyptien Abdel Fattah al Sissi et du Premier ministre indien Narendra Modi, deux nouveaux venus à la tribune de l'Onu. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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