L'Etat islamique, catalyseur de l'unité irakienne selon Joe Biden

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WASHINGTON, 9 avril (Reuters) - L'offensive lancée en juin dernier par l'Etat islamique (EI) en Irak a contribué à réunir les factions irakiennes face à l'ennemi commun que constitue l'organisation djihadiste, a estimé jeudi le vice-président américain Joe Biden. "Le comble de l'ironie, c'est que la formation d'un gouvernement en Irak a véritablement été favorisée par l'EI, l'EI, celui-là même qui entendait faire éclater l'Irak et établir un califat, a en fait uni les Irakiens", a-t-il dit. S'exprimant devant la National Defense University, Biden a salué le travail accompli par les responsables politiques sunnites, chiites et kurdes d'Irak qui, a-t-il dit, ont réussi à former un "gouvernement inclusif", voter un budget et mobiliser des milliers de soldats sunnites pour combattre l'EI. Barack Obama recevra la semaine prochaine à la Maison blanche le Premier ministre irakien Haïdar al Maliki, nommé à la suite du départ contraint de Nouri al Maliki dont la politique centrée autour des intérêts de la majorité chiite du pays a accentué les frustrations de la communauté sunnite et servi les desseins des djihadistes de l'EI. Revenant sur la progression éclair du mouvement armé, qui s'est emparé en juin dernier de larges parties du nord de l'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du pays, Biden a souligné que le monde avait alors observé l'armée irakienne "se dissoudre". Mais le vice-président démocrate a ajouté que la situation avait changé: si les scénarios d'un éclatement de l'Irak sont toujours évoqués, "la dynamique en faveur de l'EI en Irak a été stoppée et en de nombreux endroits, elle a même été catégoriquement renversée", a-t-il dit. Il a cité le barrage de Mossoul et le secteur du Mont Sinjar, dans le nord, ainsi que la ville de Tikrit, à 160 km environ au nord-ouest de Bagdad, que les forces de sécurité irakiennes, soutenues par des milices chiites, ont repris en mars après un mois de contre-offensive. Une nouvelle offensive est en cours dans l'immense province d'Anbar, le coeur du "pays sunnite" qui s'ouvre à l'ouest de Bagdad et court jusqu'aux frontières syrienne, jordanienne et saoudienne et dont les deux principales villes, Ramadi et Falloudja, sont tenues par l'Etat islamique. (voir ID:nL5N0X53B1 ) "Un long combat reste à mener, je ne veux pas peindre une image trop rose de la situation, mais l'aura d'invincibilité de l'EI a été perforée", a poursuivi Biden. (Doina Chiacu; Henri-Pierre André pour le service français)

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