L'Etat islamique a son ministère des "prises de guerre"

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    WASHINGTON, 28 décembre (Reuters) - L'organisation Etat 
islamique a mis en place des "ministères" chargés de gérer ses 
"prises de guerre" et l'exploitation de ressources naturelles 
comme le pétrole, montre une nouvelle série de documents saisis 
par les forces spéciales américaines en mai dernier dans l'est 
de la Syrie.  
    Ces documents, que Reuters a pu en partie consulter, aident 
à comprendre comment ce qui n'était au départ qu'un groupuscule 
armé s'est transformé en une machine bureaucratique complexe 
capable de gérer différents revenus, du pétrole au pillage des 
antiquités, et contrôler la population des territoires sous sa 
coupe en Syrie et en Irak. 
    "C'est vraiment cela qui ressort. Le degré de 
bureaucratisation, d'organisation, les diwans, les comités", 
souligne Brett McGurk, l'envoyé spécial du président Barack 
Obama auprès de la coalition anti-EI.  
    Un diwan, l'équivalent d'un ministère, gère ainsi les 
"ressources naturelles", parmi lesquelles l'exploitation des 
antiquités, un autre les "prises de guerre" comme les esclaves. 
    "Plus que toute autre organisation djihadiste, l'Etat 
islamique veut cultiver l'image d'un Etat indépendant et d'un 
califat, ce qu'une organisation formelle, au-delà de son aspect 
pratique quand on contrôle autant de territoires et de grandes 
villes, permet de renforcer", analyse Aymenn al Tamimi, 
chercheur au Middle East Forum.  
    Selon Amos Hochstein, premier responsable du département 
d'Etat pour les affaires énergétiques, les documents soulignent 
la manière "méticuleuse" dont l'EI gère le secteur pétrolier et 
gazier, en se concentrant sur la saisie de données, même si 
cette activité n'est pas sophistiquée.  
     
    RIVALITÉS ENTRE SERVICES 
    Les responsables de Washington soulignent que ces documents 
saisis lors du raid mené dans la province de Daïr az Zour qui a 
abouti à la mort du Tunisien Abou Sayyaf, considéré comme l'un 
des principaux financiers du groupe, ont contribué à identifier 
les faiblesses de l'EI.  
    Ils illustrent aussi parfois les rivalités entre services. 
Une lettre du "diwan" des ressources naturelles en date du 21 
novembre 2014 rappelle qu'Abou Sayyaf est responsable de la 
gestion des antiquités et ajoute: "La raison en est qu'il est 
très compétent dans ce domaine et qu'Abou Djihad al Tunisi est 
un nigaud qui ne sait pas diriger une division." 
    L'agence Reuters pas en mesure de confirmer l'authenticité 
des documents qu'elle a pu consulter et qui ne constituent 
qu'une fraction des téraoctets de données stockées sur des 
disques durs, des clés USB, des CD, des DVD et des documents 
imprimés que les Américains disent avoir récupéré. 
    Ce n'est pas la première fois que l'existence de ce trésor 
d'informations sur le fonctionnement interne de l'organisation 
islamiste est portée à la connaissance de l'opinion.  
    D'autres documents récemment divulgués suggèrent que 
l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi alimente le trafic 
international d'organes.   
    De nombreux documents sont des fatwas, des édits religieux 
portant sur des sujets aussi divers que le viol des 
prisonnières, le traitement infligé aux esclaves qui ont des 
enfants mineurs, ou encore le moment où il est permis à un fils 
de voler son père pour financer son voyage pour faire le djihad. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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