L'Etat garant siégera au conseil de surveillance de PSA

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PSA RENFORCE LE FINANCEMENT DE BANQUE PSA FINANCE
PSA RENFORCE LE FINANCEMENT DE BANQUE PSA FINANCE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - L'Etat apportera sa garantie à hauteur de sept milliards d'euros au pôle bancaire de PSA Peugeot Citroën et aura en échange un siège au conseil de surveillance du premier constructeur automobile français.

Le gouvernement n'a pas fait de "cadeaux" à PSA et a obtenu de pouvoir désigner un administrateur "indépendant" au conseil de surveillance du groupe, où les salariés seront aussi représentés, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, sur France Inter.

PSA a de son côté confirmé qu'un représentant des salariés serait représenté au conseil de surveillance.

Le groupe a également annoncé qu'il ne verserait pas de dividende et ne rachèterait pas d'actions pendant la période de garanties de l'Etat à sa filiale Banque PSA Finance (BPF), dont l'activité de financement a été rattrapée à son tour par la chute des ventes automobiles en Europe.

PSA, qui souffre de son exposition à un marché européen en berne, a publié mercredi un chiffre d'affaires en baisse de 3,6% au titre du troisième trimestre et annoncé quatre projets communs de voitures qui devraient être mis en oeuvre d'ici la fin de l'année avec son allié General Motors.

En Bourse, l'action PSA, après une ouverture en hausse, s'est retournée à la baisse pour toucher un plus bas de près de 27 ans. A 10h30, le titre perdait plus de 6% à 5,45 euros, après avoir touché 5,53 euros, son plus bas niveau depuis le premier trimestre 1986.

"La situation demeure extrêmement tendue pour Peugeot, avec beaucoup de risques au quatrième trimestre en Europe", commente un trader. "La tendance restera probablement négative pendant les prochains trimestres, mais les détails sur l'alliance GM-Peugeot (...) pourraient potentiellement soutenir l'action."

POOL BANCAIRE À HAUTEUR DE 11,5 MILLIARDS

"Le pool bancaire de Banque PSA Finance est sollicité pour mettre à disposition des liquidités d'un montant de 11,5 milliards d'euros, dont un milliard d'euros de liquidités additionnelles", a déclaré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA au cours d'une téléconférence.

"Une grande proportion de ce crédit a déjà été négocié, avec des tirages possibles sur la période 2013-2015. Le bouclage complet se fera dans les jours qui viennent."

PSA a ajouté que l'Etat avait l'intention d'apporter sa garantie de refinancement pour des émissions obligataires nouvelles jusqu'à un montant de sept milliards d'euros.

Selon Jean-Baptiste de Chatillon, ce soutien public sera facturé à BPF au prix du marché et ne devrait pas se heurter à la réglementation européenne sur les aides d'Etat.

"C'est un soutien de l'Etat, mais on ne peut le qualifier en tant que tel d'aide d'Etat, donc il devrait être parfaitement conforme au niveau des règles de Bruxelles", a déclaré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, au cours d'une téléconférence avec les analystes.

La Commission européenne n'a pas souhaité faire de commentaire.

PSA a dit s'attendre à une hausse de sa dette nette à trois milliards d'euros environ à la fin de l'année, compte tenu des ajustements de production attendus au quatrième trimestre et de l'abaissement, mardi, de l'objectif de résultat opérationnel de sa filiale Faurecia.

Au 30 juin, la dette de PSA avait diminué sur six mois à 2,4 milliards d'euros, et l'objectif jusqu'à présent était de parvenir à une stabilisation fin décembre autour de ce niveau.

QUATRE PLATES-FORMES AVEC GM

Les projets avec General Motors concernent un monospace compact pour Peugeot et pour Opel, la filiale européenne de GM, un petit monospace pour Citroën et Opel, un petit modèle à faibles émissions destiné à la fois à Peugeot, Citroën et Opel en Europe et dans le reste du monde, ainsi qu'un modèle de taille moyenne (segment D) pour l'ensemble des marques de l'alliance.

Les premiers véhicules issus de ces programmes devraient être commercialisés d'ici la fin 2016.

Parallèlement, PSA et GM prévoient de mettre en place une structure d'achats commune, dont la création reste soumise à l'aval des autorités de la concurrence concernée.

Au total, ces projets devraient dégager des synergies estimées à deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros environ) d'ici cinq ans.

"L'objectif est de conclure les contrats d'application au plus tard le 31 décembre 2012 afin de permettre une mise en oeuvre effective de l'alliance", a indiqué Jean-Baptiste de Chatillon.

PSA a de nouveau abaissé sa prévision de ventes pour le marché automobile européen cette année, et table désormais sur un recul de 9%.

Avec Julien Ponthus et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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