L'Etat français vole au secours du CIF

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LE GOUVERNEMENT APPORTE SA GARANTIE AU CRÉDIT IMMOBILIER DE FRANCE
LE GOUVERNEMENT APPORTE SA GARANTIE AU CRÉDIT IMMOBILIER DE FRANCE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a décidé d'apporter sa garantie au Crédit immobilier de France (CIF), établissement en difficulté après la nouvelle dégradation infligée mardi dernier par Moody's.

Cette garantie sera mise en place "sous réserve de l'autorisation de la Commission européenne et du Parlement", qui sera saisi dans le cadre de la prochaine loi de finances, précise le ministère de l'Economie dans un communiqué publié samedi.

La Banque postale ayant renoncé pour le moment à racheter le CIF, dont les difficultés de refinancement l'obligent à trouver un repreneur, le prêteur immobilier a appelé l'Etat à la rescousse.

Le PDG du CIF, Claude Sadoun, a été contraint de quitter ses fonctions vendredi soir lors d'un conseil d'administration de crise, selon Le Figaro, qui a révélé l'information.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a "pris acte de la nomination de Bernard Sevez en qualité de nouveau président-directeur général" et "s'attend à ce que l'ancien dirigeant du CIF renonce à toute indemnité", précise Bercy.

Conscients des fragilités du groupe, les pouvoirs publics ont encouragé les dirigeants du groupe CIF "à rechercher un adossement depuis plusieurs années", dit le communiqué.

"Les dirigeants du CIF ont mis en place en juin 2012 un processus ouvert, afin de trouver un repreneur. Cette tentative n'a toutefois pas abouti", ajoute-t-il.

Le CIF est un petit réseau bancaire de 300 agences, mais plus de 30 milliards d'euros d'emprunts portent sa signature, précise Le Figaro.

Ne bénéficiant d'aucun dépôt bancaire, il est dépendant des marchés financiers pour trouver des sources de refinancement. Mais avec la crise que traverse la zone euro, l'agence Moody's estime que le groupe n'est plus viable sans soutien financier.

Selon Bercy, le modèle économique du groupe repose sur un financement faisant presque exclusivement appel au marché. "Ce modèle très spécifique, fragilisé par la crise, est remis en cause par les nouvelles normes prudentielles Bâle III".

Depuis la suspension début mai de la cotation de plusieurs obligations sécurisées émises par CIF, les rumeurs d'adossement et de fusion du groupe s'étaient intensifiées, faisant craindre une nouvelle défaillance bancaire en France après le démantèlement de Dexia décidé à l'automne dernier.

Le sauvetage du CIF ne devrait pas coûter d'argent aux contribuables car l'établissement est fortement capitalisé, avec 2,4 milliards d'euros de fonds propres, souligne Le Figaro.

Gérard Bon

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