L'état de l'armée inquiète la Cour des comptes

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L'ÉTAT DE L'ARMÉE INQUIÈTE LA COUR DES COMPTES
L'ÉTAT DE L'ARMÉE INQUIÈTE LA COUR DES COMPTES

PARIS (Reuters) - L'état de l'armée française inquiète la Cour des comptes, qui craint de la voir subir des difficultés à accomplir certaines de ses missions.

L'armée est contrainte à des économies drastiques dans le cadre d'une loi de programmation militaire sur la période 2009-2014, sur laquelle la Cour des comptes a rendu mercredi un bilan à mi-parcours.

La Cour constate cependant un écart négatif d'1,89 milliard d'euros à la fin 2011 par rapport à la trajectoire de la loi de programmation et prédit que cet écart dépassera les quatre milliards fin 2013.

Les objectifs ne sont pas atteints notamment parce que la masse salariale a augmenté d'un milliard d'euros alors même que 29.000 emplois ont été supprimés, note la Cour des comptes.

Le ménage devra donc être fait dans l'encadrement, suggère la Cour, qui estime par ailleurs que des économies supplémentaires affectant le fonctionnement opérationnel de l'armée pourraient avoir des effets néfastes.

"La Cour relève aussi que, malgré les succès remportés en Libye et en Côte d'Ivoire, les armées ne sont pas en situation de remplir les objectifs les plus exigeants de leurs contrats opérationnels dans le domaine conventionnel", écrit l'institution.

Traditionnelle variable d'ajustement, le budget militaire n'est pas considéré comme prioritaire et risque de subir de nouvelles coupes dans le cadre d'arbitrages attendus sur la programmation des finances publiques.

"S'agissant du ministère de la Défense j'aimerais simplement vous dire qu'il sera amené comme les autres administrations à procéder aux ajustements qui s'imposent compte tenu des priorités que nous avons évoquées en terme d'emplois", a déclaré mercredi Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, à l'issue du conseil des ministres.

"NOUS SOMMES ARRIVÉS À UN PLANCHER"

Le "Livre blanc" fixant les objectifs de défense et de sécurité nationale est en cours de révision. Il débouchera sur une nouvelle loi de programmation militaire qui pourrait se traduire par des demandes d'économies supplémentaires.

L'actuelle loi de programmation militaire prévoit notamment la suppression de 54.000 emplois entre 2008 et 2015.

La commission de la Défense du Sénat évalue dans un rapport à 6,6 milliards d'euros les économies globales de la réforme sur la période 2008-2014.

Bertrand Ract-Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre, partage l'avis de la Cour des comptes et estime lui aussi que de nouvelles économies seront difficiles à réaliser.

"Les économies sont très difficiles et très douloureuses pour une armée comme l'armée de terre dès que vous touchez au fonctionnement, aux activités", a-t-il dit mercredi lors d'une rencontre avec des journalistes.

"Je vous garantis que nous sommes arrivés à un plancher en termes de fonctionnement, en termes d'activité", a-t-il ajouté.

La Cour des comptes "recommande d'adopter une méthode sauvegardant la cohérence physico-financière de l'outil militaire et de préserver au maximum les éléments concourants directement aux capacités opérationnelles".

Autrement dit, le gouvernement doit préserver l'outil militaire et explorer de nouvelles pistes pour rechercher des économies, suggère la Cour des comptes.

Elle préconise notamment de réduire les dépenses de personnel par un resserrement de l'encadrement supérieur du ministère de la Défense.

Patrick Vignal, édité par Gilles Trequesser

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  • scrouik le mercredi 11 juil 2012 à 16:40

    N’empêche que c'est le na.bot qui a décidé des coupes franche dans le budget.

  • M140210 le mercredi 11 juil 2012 à 14:16

    Et c'est pas avec Fla.mby que ça va aller mieux, les coce ont toujours été contre l'armée

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