L'État brade-t-il son patrimoine immobilier?

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VIDÉO - Un appartement à Arcachon, un duplex à Manhattan, une dépendance du château de Versailles. Voici quelques uns des biens cédés par l’État pour renflouer ses caisses. À bon prix ou pas? Ce soir, l’émission Pièces à convictions ouvre le débat.

L’Etat a décidé depuis plusieurs années de vendre une partie de ses biens immobiliers. Objectif affiché: réduire la dette. La France possède en effet un parc immobilier très important (plus de 25.000 biens en France et à l’étranger évalués plus de 60 milliards d’euros). L’an dernier, 506 millions d’euros ont été retirés du patrimoine cédé. La plus grosse transaction étant celle du secrétariat d’Etat aux anciens combattants, le site Penthemont-Bellechass dans le VIIe arrondissement à Paris pour 137 millions d’euros.

La liste des biens vendus ou à vendre relève d’un inventaire à la Prévert. Elle comporte aussi bien des forts, que des casernes, des bases aériennes désaffectées, des parkings, des appartements classiques, des bureaux, une dépendance du château de Versailles, un duplex près de Central park à New-York ou l’ancienne résidence du consul à Hong-Kong où le mètre carré est dix fois plus cher qu’à Paris. C’est France Domaine qui est chargé de vendre les biens en question. Un exercice pas facile.

Les journalistes de l’émission Pièces à convictions, diffusée mercredi soir sur France 3 à 23h15, ont mené l’enquête, rencontrant la directrice de France Domaine, mais aussi des représentants d’associations, des experts et des agents immobiliers. «Comment évaluer un bien dont la valeur est lié à l’histoire, il a à la fois une grande valeur et pas de valeur du tout» interroge l’un d’eux. Pour les passionnés d’histoire, il est difficile d’accepter la vente pour 13 millions d’euros d’une dépendance du château de Versailles à des investisseurs privés. Mais l’Etat n’a plus les moyens d’entretenir un tel patrimoine immobilier.

Ventes aux enchères à la bougie ou appels d’offres, les techniques varient. La Cour des comptes et le Conseil immobilier de l’Etat ont critiqué l’an dernier la manière dont la France cède son patrimoine immobilier. La première évoque «la fiabilité encore imparfaite des évaluations du prix des cessions». Le deuxième considère aussi que les procédures d’évaluation ne sont pas satisfaisantes. Certains acquéreurs font de bonnes affaires en rachetant ce patrimoine de l’Etat, parce qu’ils ont les moyens et le savoir faire pour le restructurer et le revendre ensuite. Pièces à conviction montre ainsi comment un immeuble parisien a été racheté par une foncière pour 31 millions d’euros en 2006. Elle l’a ensuite revendu restauré deux fois plus cher en 2011 à la République d’Azerbaïdjan.

Autre exemple qui frappe: celui d’un haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères qui s’est offert un pavillon de chasse édifié par l’architecte Gabriel pour Louis XV dans la forêt de Saint Germain en Laye, près de Paris. Il l’a payé 803.000 euros, soit le prix d’un appartement parisien. Pour le remettre en état, il doit maintenant trouver deux à trois fois plus, mais il a sans doute fait une bonne affaire.

«Nous avions estimé en 2011 ce pavillon entre 1,15 et 1,25 million d’euros et nous avions de nombreux acheteurs intéressés et prêts à faire une offre» regrette Patrice Besse, agent immobilier spécialisé. L’Etat a pourtant préféré le vendre en direct sans passer par un agent immobilier. Mais les acheteurs ne font pas toujours forcément de bonnes affaires en achetant les biens de l’Etat. S’ils se laissent emportés par la fièvre des enchères, ils peuvent acheter trop cher. Ou parfois plus ou moins au prix du marché. Un appartement de 35 mètres carrés au rez de chaussée à Arcachon, mis en vente à 50.000 euros est ainsi parti à 134.000 euros. Enfin, Pièces à convictions montre qu’une petite partie seulement des sommes perçues sert à désendetter l’Etat.

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  • brun3686 le jeudi 4 juin 2015 à 09:04

    sur l'exemple de l'immeuble parisien, le m2 est passé de 6000 à 10000 entre 2006 et 2011. alors si la foncière a restructuré et remis en état le bien, y'a peut être un écart, mais pas une braderie

  • roulio86 le mercredi 3 juin 2015 à 17:46

    on vend les bijoux de famille pour acheter la paix sociale....et que nos élus continuent à s'en mettre plein les fouilles...quelle gestion.....