L'Etat autrichien gardera un Klimt réclamé par une famille juive

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VIENNE, 6 mars (Reuters) - L'une des oeuvres les plus connues du peintre Gustav Klimt, la gigantesque Frise de Beethoven, ne sera pas restituée aux héritiers de son précédent propriétaire juif, des experts ayant estimé vendredi que le tableau avait été acquis légalement par l'Etat autrichien. La frise de 34 mètres de long, achevée en 1902 en hommage à la Neuvième symphonie du compositeur allemand, appartenait à la famille Lederer. Elle avait été saisie lors de leur fuite en Suisse après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie en 1938. Erich Lederer avait pu récupérer l'oeuvre après la Seconde Guerre mondiale, mais il s'était vu interdire d'exporter les très nombreuses autres oeuvres d'art qu'il possédait s'il ne vendait pas la frise à l'Etat autrichien avec un rabais, expliquent les avocats de la famille. Le collectionneur a fini par vendre l'oeuvre pour 750.000 dollars dans les années 70. Elle est désormais exposée au Palais de la Sécession à Vienne. La loi autrichienne sur la restitution des oeuvres pillées a été actualisée en 2009 et concerne désormais, outre les oeuvres volées, les oeuvres vendues sous la contrainte. Le gouvernement autrichien, qui a pourtant restitué plusieurs oeuvres d'Egon Schiele, un quasi-contemporain de Klimt, aux héritiers Lederer en 1999, a dit qu'il suivrait la décision d'un groupe d'experts annoncée vendredi. Un des avocats représentant une partie des héritiers Lederer, Marc Weber, basé en Suisse, a dit rejeter la décision de vendredi et annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg ou devant une juridiction aux Etats-Unis. En revanche, Alfred Noll, avocat représentant un autre groupe d'héritiers Lederer, a dit ne pas avoir l'intention d'aller plus loin, tout en se disant d'accord avec les critiques de son confrère, rapporte l'agence de presse APA. Le ministre de la Culture, Josef Ostermayer, s'est dit heureux que la frise puisse continuer à être vue par le public. (Shadia Nasralla; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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  • solo92 le vendredi 6 mar 2015 à 17:41

    C'est ne pas reconnaitre une vente sous la contrainte et donc quelque par la spoliation d'un bien appartenant à autrui